- La dépression affecte l’humeur, la motivation et le fonctionnement quotidien, et nécessite une attention médicale, particulièrement en présence de pensées suicidaires.
- Le traitement peut associer psychothérapie et antidépresseurs selon les besoins individuels, tandis que la stimulation cérébrale peut être envisagée si ces approches sont insuffisantes.
- Une alimentation équilibrée, l’activité physique, un sommeil régulier, les liens sociaux et l’autocompassion peuvent compléter un accompagnement professionnel adapté.
La dépression, également connue sous le nom de trouble dépressif majeur, est un problème de santé mentale courant qui engendre des sentiments intenses de tristesse et un manque d’intérêt ou d’enthousiasme. Les individus souffrant de dépression éprouvent souvent une grande difficulté à se lever le matin, cet acte devenant l’un des aspects les plus difficiles de leur journée.
Ce trouble influence la manière dont une personne pense et agit, pouvant entraîner divers problèmes émotionnels ou physiques. Il interfère avec la vie quotidienne en réduisant la capacité à fonctionner normalement et en amplifiant des émotions négatives nuisibles qui peuvent être particulièrement graves.
Vivre avec la dépression peut être extrêmement éprouvant. Cependant, certaines actions peuvent être entreprises pour apporter du soutien. Cet article offre quelques suggestions pour aider à vaincre la dépression.
Le traitement de l’humeur dépressive inclut généralement la psychothérapie, la thérapie médicamenteuse, ou une combinaison des deux. Si ces approches sont insuffisantes, la stimulation cérébrale peut être envisagée.
Le choix du traitement dépend des besoins individuels et se fait avec un professionnel de santé. La psychothérapie est souvent le premier choix pour les dépressions légères, tandis que les cas modérés à sévères nécessitent généralement des médicaments dès le début du traitement.
La psychothérapie :
La psychothérapie aide les personnes dépressives à adopter de nouvelles façons de penser et de se comporter, en modifiant les habitudes qui favorisent la dépression. Elle est menée par un professionnel de la santé mentale qualifié, en séances individuelles ou de groupe (1).
Cette thérapie peut être efficace en personne ou via la télémédecine, et peut être renforcée par des outils numériques comme des applications. Les thérapies basées sur des preuves, telles que la thérapie cognitivo-comportementale et la thérapie interpersonnelle, sont couramment utilisées pour traiter la dépression.
D’autres formes de psychothérapie, comme la thérapie psychodynamique sur une courte durée, peuvent également être bénéfiques dans certains cas.
La thérapie cognitivo-comportementale :
La thérapie cognitivo-comportementale enseigne aux individus à analyser et à transformer les pensées et comportements inutiles afin d’améliorer les symptômes dépressifs et anxieux (2). Les récentes évolutions de cette thérapie intègrent des principes de pleine conscience et adaptent les techniques pour traiter des symptômes spécifiques tels que l’insomnie.
La thérapie interpersonnelle :
La thérapie interpersonnelle se focalise sur les interactions interpersonnelles et les événements de la vie qui influencent l’humeur et vice versa. Elle aide les individus à améliorer leurs compétences en communication dans les relations, à créer des réseaux de soutien social et à établir des attentes réalistes, afin de mieux gérer les crises ou autres situations susceptibles de contribuer à leur dépression ou de l’aggraver (3).
La thérapie médicamenteuse :
Les antidépresseurs sont des médicaments couramment utilisés pour traiter la dépression en modifiant la production ou l’utilisation de certaines substances chimiques dans le cerveau liées à l’humeur et au stress. Ils prennent généralement 4 à 8 semaines pour agir, avec des améliorations du sommeil, de l’appétit et de la concentration souvent avant une amélioration de l’humeur. Il est essentiel de donner à un médicament suffisamment de temps avant d’évaluer son efficacité.
Les médicaments contre la dépression existent sous différentes formes ou classes, parmi lesquelles figurent :
- Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) :
Les ISRS sont les antidépresseurs les plus fréquemment prescrits. Il est probable que votre médecin les recommande en premier. Ces médicaments peuvent provoquer des effets secondaires légers, qui disparaissent généralement à mesure que le traitement se poursuit (4).
- Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN) :
Ces médicaments sont un autre type d’antidépresseur fréquemment prescrit. Ils peuvent être prescrits en priorité avant que le médecin n’envisage d’ajouter d’autres options au plan de traitement.
- Les antidépresseurs atypiques :
Les antidépresseurs atypiques forment un groupe de médicaments distincts qui ne font pas partie des autres classes d’antidépresseurs.
- Les modulateurs de la sérotonine :
Les modulateurs de la sérotonine sont tout aussi sûrs et efficaces que les ISRS et les IRSN. Un médecin peut les recommander comme alternative aux ISRS et aux IRSN s’il considère qu’ils représentent le meilleur traitement initial.
- Les antidépresseurs tricycliques (ATC) :
Ils sont rarement recommandés par les médecins en raison de leurs effets secondaires plus graves et du risque de surdose. Ils ne sont généralement prescrits que si les symptômes de dépression ne s’améliorent pas après l’utilisation d’ISRS, d’IRSN ou de modulateurs de la sérotonine, ou en cas de dépression sévère.
Les antagonistes du N-méthyl-D-aspartate (NMDA), tels que l’eskétamine (Spravato) et le dextrométhorphane/bupropion, sont les seuls médicaments de cette classe approuvés par la FDA pour traiter la dépression (5).
Un médecin prescrira généralement de l’eskétamine uniquement si les symptômes ne s’améliorent pas avec d’autres antidépresseurs. Ces médicaments agissent rapidement : contrairement à d’autres antidépresseurs qui prennent plusieurs semaines pour montrer des effets, l’eskétamine commence à agir en 4 heures, et le dextrométhorphane/bupropion en une semaine.
- Les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) :
Ce sont les antidépresseurs les plus anciens. Les médecins les prescrivent généralement lorsque les autres médicaments contre la dépression ne parviennent pas à améliorer suffisamment les symptômes (6).
La thérapie par stimulation cérébrale :
La Food and Drug Administration (FDA) a approuvé plusieurs types de thérapies de stimulation cérébrale, les plus couramment utilisées étant l’électroconvulsivothérapie et la stimulation magnétique transcrânienne répétitive. D’autres thérapies de stimulation cérébrale, plus récentes, sont encore parfois considérées comme expérimentales (7).
Bien que la dépression puisse devenir un sujet très clinique, il existe de nombreuses méthodes simples et pratiques pour aider une personne à surmonter ce trouble de l’humeur. Prendre soin de soi est essentiel pour mener une vie heureuse et saine.
En ajustant son régime alimentaire, en pratiquant des exercices, en établissant des routines quotidiennes et en maintenant des interactions sociales, une personne peut adopter plusieurs mesures pour influencer son humeur.
Au fur et à mesure qu’elle traverse la dépression, il est important qu’elle reste ouverte à de nouvelles approches et comprenne qu’une combinaison de ces pratiques de soins personnels peut être nécessaire avant de constater une amélioration de son humeur.
Voici une liste de mesures qui aident à lutter contre la dépression :
Adopter une alimentation saine :
Ce que l’on mange peut avoir un impact significatif sur le bien-être physique et mental. Bien que l’envie de grignoter des aliments riches en sucre ou en gras puisse survenir en période de dépression, il est préférable de privilégier un équilibre sain de fruits, de légumes et de protéines pour améliorer le niveau d’énergie et nourrir le corps.
Il est conseillé d’éviter de sauter des repas et de manger à des heures régulières pour maintenir une routine quotidienne (8). De plus, il est important de limiter la consommation de caféine et d’alcool, car ces substances peuvent affecter négativement l’humeur.
Faire une activité physique :
Faire davantage d’exercice peut significativement réduire les symptômes d’anxiété, de stress et de dépression, même avec seulement 15 minutes d’activité modérée par jour. L’exercice aide à diminuer les hormones du stress, comme le cortisol, tout en libérant des endorphines qui procurent une sensation de bien-être (9). Toutes les activités ne nécessitent pas un effort intense pour être bénéfiques contre la dépression.
Il existe plusieurs façons simples de rester actif au quotidien. Marcher pendant trente minutes, jardiner, nettoyer la maison, laver la voiture, faire une balade à vélo, jouer dehors avec les enfants, ou promener le chien sont toutes des activités efficaces pour maintenir une bonne santé physique et mentale.
Ces exercices modérés permettent de rester en mouvement sans nécessiter d’efforts intenses, tout en contribuant à une meilleure régulation de l’humeur et à une amélioration générale du bien-être.
Profiter du soleil :
Un autre aspect des soins personnels souvent négligé, surtout lorsque l’on préfère rester assis sur le canapé, est de sortir au soleil. La lumière du soleil et l’obscurité déclenchent différentes hormones dans le cerveau, et passer trop de temps à l’intérieur peut fortement affecter l’humeur.
En plus d’augmenter le taux de sérotonine, passer du temps à l’extérieur contribue à la production de vitamine D, réduit la tension artérielle, renforce les os et améliore la qualité du sommeil (10).
Bénéficier d’un sommeil profond :
Le sommeil est un élément essentiel qui peut rapidement affecter tous les autres aspects de la vie, surtout en cas de mauvaise qualité de sommeil. La dépression et les troubles du sommeil sont étroitement liés, car un manque de sommeil peut déclencher ou aggraver des symptômes dépressifs, tandis que la dépression peut engendrer des problèmes de sommeil, compromettant la capacité à fonctionner quotidiennement (11).
Pour maintenir un cycle de sommeil sain, il est important de respecter des horaires réguliers de coucher et de réveil, d’éviter les siestes et de s’exposer à une lumière vive peu après le réveil pour signaler au cerveau qu’il est temps de commencer la journée. Limiter la consommation de caféine et d’alcool et pratiquer une activité physique pendant la journée peut également favoriser un endormissement plus rapide chaque nuit.
Avoir un entourage social :
Socialiser avec ses amis et sa famille est essentiel, même en cas de légère dépression ou de baisse de moral. Il est courant de se replier sur soi-même, d’éviter les interactions sociales ou de craindre d’accabler les autres avec ses sentiments. Cependant, l’une des actions les plus difficiles, mais les plus bénéfiques pour surmonter la dépression, est de s’entourer d’un solide cercle de soutien et de passer du temps avec des personnes aimées.
Planifier des visites chez la famille et les amis ou organiser un déjeuner avec un collègue peut offrir des moments précis où s’appuyer sur les autres en période de déprime. De plus, certaines de ces personnes ont peut-être elles-mêmes connu la dépression et pourraient partager leurs expériences, offrir des conseils utiles ou simplement prêter une oreille attentive.
Planifier des activités divertissantes :
Avant de souffrir de dépression, une personne avait probablement de nombreux centres d’intérêt, passe-temps et activités favorites qui occupaient son temps libre. Bien que l’intérêt pour ces activités puisse avoir disparu récemment, cela ne signifie pas que la passion a complètement disparu.
Même si l’envie n’est pas présente ou si la fatigue empêche de s’engager dans quoi que ce soit, il est conseillé d’essayer de consacrer un peu de temps à des activités qui apportaient autrefois de la joie.
Que ce soit préparer un délicieux repas, créer des œuvres d’art, écouter de la musique, tenir un journal ou même travailler sur une voiture, ces activités peuvent être retrouvées avec le temps, permettant à la personne de se sentir à nouveau elle-même chaque jour un peu plus.
Etre gentil avec soi-même :
Une dernière manière essentielle d’aider une personne à surmonter une situation difficile est d’être indulgent envers soi-même. Il est important de se rappeler que la dépression n’est pas de la faute de la personne.
Il est essentiel d’être son propre allié et de faire preuve de compassion, même lors des journées où il semble que rien ne pourra améliorer la situation (12). La dépression est un trouble hautement traitable, et il est possible d’en sortir complètement guéri.
La dépression est un problème grave qui nécessite une attention médicale, surtout en cas de pensées suicidaires. Il est crucial de consulter un professionnel de la santé pour élaborer un plan d’action et améliorer la qualité de vie.
En cas d’hésitation à consulter un médecin, il peut être utile d’en parler à un proche, un ami ou une personne de confiance. Il est essentiel de se rappeler que la dépression peut être traitée, même si cela prend souvent du temps. Il ne faut pas se décourager si les symptômes ne disparaissent pas immédiatement ou spontanément.
(1) National Institute Of Mental Health (NIMH). Psychotherapies. https://www.nimh.nih.gov/health/topics/psychotherapies
(2) Mirabel-Sarron C. (2008). Thérapies comportementales et cognitives de la dépression. La Revue du praticien, 58(4), 403–406.
(3) Cuijpers, P., Geraedts, A. S., van Oppen, P., Andersson, G., Markowitz, J. C., & van Straten, A. (2011). Interpersonal psychotherapy for depression: a meta-analysis. The American journal of psychiatry, 168(6), 581–592. https://psychiatryonline.org/doi/10.1176/appi.ajp.2010.10101411
(4) Olié, J. P., Baylé, F., & Kasper, S. (2003). Métaanalyse d’essais randomisés, en double aveugle, de la tianeptine versus ISRS dans le traitement d’attaque de la dépression [A meta-analysis of randomized controlled trials of tianeptine versus SSRI in the short-term treatment of depression]. L’Encephale, 29(4 Pt 1), 322–328.
(5) Swainson, J., Thomas, R. K., Archer, S., Chrenek, C., MacKay, M. A., Baker, G., Dursun, S., Klassen, L. J., Chokka, P., & Demas, M. L. (2019). Esketamine for treatment resistant depression. Expert review of neurotherapeutics, 19(10), 899–911. https://doi.org/10.1080/14737175.2019.1640604
(6) Grabowski Ł. (2021). Inhibitory monoaminooksydazy (IMAO): farmakologia, metabolizm i zastosowanie w terapii depresji o różnej etiologii [Monoamine oxidase inhibitors (MAOI): pharmacology, metabolism and application in the treatment of depression]. Postepy biochemii, 67(2), 130–140. https://doi.org/10.18388/pb.2021_382
(7) Psychiatric News Alert. (s. d.). FDA Clears Novel, Rapid-Acting TMS System for Treatment-Resistant Depression. https://alert.psychnews.org/2022/09/fda-clears-novel-rapid-acting-tms.html
(8) Ghanbarzadeh, E., Dorosty Motlagh, A. R., & Abbasi, B. (2024). Association of healthy eating index (2015) with depression and anxiety symptoms among Iranian adolescent girls. Journal of health, population, and nutrition, 43(1), 44. https://doi.org/10.1186/s41043-024-00529-z
(9) Correia, É. M., Monteiro, D., Bento, T., Rodrigues, F., Cid, L., Vitorino, A., Figueiredo, N., Teixeira, D. S., & Couto, N. (2024). Analysis of the Effect of Different Physical Exercise Protocols on Depression in Adults: Systematic Review and Meta-analysis of Randomized Controlled Trials. Sports health, 16(2), 285–294. https://doi.org/10.1177/19417381231210286
(10) Office of Dietary Supplements – Vitamin D. (s. d.). https://ods.od.nih.gov/factsheets/VitaminD-HealthProfessional/
(11) Jindal, R. D., & Thase, M. E. (2004). Treatment of insomnia associated with clinical depression. Sleep medicine reviews, 8(1), 19–30. https://doi.org/10.1016/S1087-0792(03)00025-X
(12) Krieger, T., Berger, T., & Holtforth, M. G. (2016). The relationship of self-compassion and depression: Cross-lagged panel analyses in depressed patients after outpatient therapy. Journal of affective disorders, 202, 39–45. https://doi.org/10.1016/j.jad.2016.05.032
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