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Ressource clinique

Lyrica et Alcool

La prégabaline (Lyrica) et l’alcool peuvent additionner leurs effets sédatifs et augmenter le risque de troubles de vigilance et de dépression respiratoire. La dépendance physique peut survenir même sous prescription et ne signifie pas automatiquement addiction ; l’arrêt doit être progressif et individualisé.

Revu cliniquement parDr. Sarah Boss, MD
Résidence en pierre avec piscine, pelouse et palmiers

Résumé essentiel

  • Associer Lyrica, ou prégabaline, à l’alcool peut accentuer la somnolence, diminuer la vigilance et augmenter le risque de dépression respiratoire et d’accident.
  • La prégabaline peut entraîner une dépendance et des symptômes de sevrage ; son arrêt brutal risque notamment d’aggraver les crises convulsives.
  • La consommation d’alcool est déconseillée pendant tout traitement par Lyrica, et tout sevrage devrait être progressif, médicalement surveillé et accompagné d’un suivi régulier.

Durant la dernière décennie, les taux de mortalités dus aux overdoses par médicaments dont l’usage a été détourné ont significativement augmenté. Et ce dû en partie par la disponibilité de certains médicaments mais aussi à cause des cocktails improvisés que ce soit entre médicaments et autres drogues ou de médicaments avec l’alcool.

 Il y a deux raisons principales pour lesquelles les médecins conseillent aux patients de ne pas boire avec certains médicaments. L’alcool peut avoir un effet sédatif et lorsqu’il est associé à un médicament qui a également le même effet (certains antidépresseurs, antihistaminiques…), peut entraîner une somnolence qui altérerait la capacité d’une personne à conduire ou à utiliser des machines ou induirait un sommeil très profond avec des difficultés au réveil. Si la personne est difficile à réveiller ou respire très lentement ou difficilement, appelez immédiatement le 15 ou le 112.

Une forte consommation d’alcool peut entraîner des altérations de la fonction hépatique, ce qui signifie que le médicament peut ne pas être absorbé aussi bien qu’il le devrait et donc que le médicament pourrait ne pas fonctionner correctement ou que des effets secondaires graves sont plus susceptibles d’être ressentis.

Lisez aussi : Symptômes de sevrage de Lyrica

Il n’existe pas de règle générale selon laquelle l’alcool ferait passer l’élimination d’un médicament de six à neuf heures. Avec la prégabaline, le problème principal est l’addition d’effets sur le système nerveux central : somnolence, vertiges, troubles de la coordination et, chez certaines personnes, dépression respiratoire. Il est donc déconseillé de boire de l’alcool pendant le traitement et il ne faut pas modifier la dose pour compenser une consommation d’alcool.

Évitez l’alcool pendant le traitement par prégabaline. Demandez conseil au prescripteur ou au pharmacien ; n’interrompez pas le traitement et ne sautez pas de dose pour pouvoir boire.

 Lyrica, également connu sous Prégabaline (le principe actif), est un anticonvulsivant utilisé pour traiter les patients épileptiques et soulager les douleurs chroniques des personnes atteintes de fibromyalgie, de neuropathie diabétique, de lésions de la moelle épinière ou encore de zona.

Lyrica existe dans une variété de présentations. Une version à libération prolongée du médicament, appelée Lyrica CR, a été approuvée par la Food and Drug Administration (FDA) en 2017.

Ce médicament agit en se liant de manière présynaptique à la sous-unité alpha2-delta des canaux calciques voltage-dépendants du système nerveux central. La Prégabaline module la libération de plusieurs neurotransmetteurs excitateurs, dont le glutamate, la substance-P, la noradrénaline et le peptide lié au gène de la calcitonine.6 De plus, la Prégabaline prévient la sous-unité alpha2-delta d’être acheminée des ganglions de la racine dorsale vers la corne dorsale de la colonne vertébrale, ce qui peut également contribuer au mécanisme d’action. La prégabaline est utilisée en traitement régulier, en complément d’autres antiépileptiques, pour réduire la fréquence des crises partielles. Ce n’est pas un médicament de secours pour interrompre une crise en cours ; suivez le plan d’urgence convenu avec votre médecin.

Selon l’Epilepsy Foundation, Lyrica est un bon complément à d’autres antiépileptiques et ceux qui ont pris Lyrica avec un autre antiépileptique prescrit ont connu une régression significative de la fréquence de leurs crises. Bien que Lyrica puisse être bénéfique pour ceux qui en ont besoin, d’autres risquent de développer une dépendance à Lyrica.

  La Prégabaline a des effets secondaires qui peuvent être aggravés par des pathologies sous-jacentes, tels qu’un trouble de l’humeur, des cardiopathies, une insuffisance rénale, ou un antécédent d’addiction à d’autres substances comme l’alcool ou l’héroïne.

Lyrica peut provoquer une réaction allergique grave. Un gonflement du visage, de la langue ou de la gorge, une difficulté à respirer ou à réveiller la personne imposent d’appeler immédiatement le 15 ou le 112. D’autres effets secondaires pas des plus anodins ont été notés : Vision floue ; Prise de poids ; Vertiges Somnolence ; troubles de vigilance et de concentration ; Idées suicidaires, nécessitant une aide urgente et le 15 ou le 112 en cas de danger immédiat ; troubles de la coagulation engendrant des saignements et des ecchymoses.

La prégabaline ne doit généralement pas être arrêtée brutalement après un usage régulier. Des symptômes de sevrage peuvent survenir même lorsque le médicament a été pris conformément à l’ordonnance ; cela ne signifie pas à lui seul qu’une addiction est présente. Lorsqu’un arrêt est indiqué, la réduction doit être progressive et adaptée avec le prescripteur.

Le sevrage de la prégabaline varie d’une personne à l’autre. Des symptômes tels que troubles du sommeil, anxiété, sueurs, nausées, diarrhée, douleur ou agitation peuvent survenir après une réduction rapide ou un arrêt. Leur présence reflète une adaptation physique et doit être distinguée d’un trouble addictif, qui nécessite une évaluation plus large du comportement et des conséquences.

 Même prendre Lyrica exactement comme indiqué peut entraîner une dépendance. Les symptômes de sevrage de la drogue incitent les utilisateurs à continuer à prendre la drogue. Pour les patients convulsifs, les crises peuvent s’aggraver lorsque le médicament est arrêté brusquement. Des études ont démontré que la prescription de Lyrica à des personnes ayant des antécédents de toxicomanie les expose à un risque considérable de développer une dépendance à Lyrica. Des études ont également montré que le médicament produit des réponses similaires à celles du Valium. Avant de commencer une prescription de Lyrica, il est important d’être conscient des risques de développer une addition de Lyrica.

  La raison principale qui pousse les gens à prendre Lyrica avec de l’alcool est ce désir d’atteindre ce sentiment d’euphorie et de bonheur extrême en particulier lors des stades avancés de dépendance ou la Prégabaline seule ne suffit plus pour atteindre l’effet désiré.

La prégabaline peut entraîner une dépendance physique et, chez certaines personnes, un usage problématique. L’alcool ne « crée » pas à lui seul une dépendance à la prégabaline, mais l’association peut majorer la somnolence, les troubles de vigilance et le risque respiratoire. Le risque individuel dépend aussi de la dose, de la fonction rénale, de l’âge, des maladies respiratoires et des autres médicaments ou substances.

Parmi les effets secondaires les plus importants lors de la prise simultanée d’alcool et de Lyrica nous citons :

  • somnolence, vertiges, confusion et troubles de la coordination plus marqués ;
  • augmentation du risque de chute, d’accident et de conduite dangereuse ;
  • dépression respiratoire, surtout en présence d’autres dépresseurs du système nerveux central ou de facteurs de risque respiratoire ;
  • perte de connaissance ou autre détérioration sévère nécessitant une aide médicale urgente.

  Ce mélange a des effets néfastes sur la santé, et le sevrage devrait se faire sous surveillance médicale étroite. Un médecin spécialiste devrait être contacté afin d’étayer le diagnostic et entamer une prise en charge adéquate. Idéalement, une hospitalisation en centre spécialisé est préconisée ; il sera plus facile pour le patient de dépasser ce cap en étant accompagné dans toutes les étapes de son sevrage que ce soit sur le plan physique ou psychologique. Car au-delà du sevrage l’objectif serait d’éviter de retomber dans l’addiction une fois de retour dans son environnement.

Les étapes du sevrage consisteront en ce qui suit : un bilan biologique et psychiatrique afin de déterminer le stade de dépendance et les éventuelles perturbations biologiques. Ensuite l’étape du traitement proprement dit ; à savoir la réduction progressive des doses tout en supplémentant le malade par des médicaments qui soulageront les symptômes de sevrage avec bien entendu tout le soutien psychologique dont le patient a besoin.

L’avantage de la prise en charge dans un centre est bien sur la prise en charge multidisciplinaire mais surtout elle permet de contrôler les doses reçues par le patient lors de la régression. Beaucoup retombent dans la dépendance au cours de leur sevrage par frustrations. Certains ont des tendances suicidaires, deviennent agressifs vis-à-vis de leur entourage qui peut-être ne saura pas gérer les crises. Enfin, une fois le stade de dépendance est dépassé un suivi régulier chez un médecin est nécessaire pour la prévention des rechutes.

La durée de présence de la prégabaline varie notamment selon la fonction rénale et les prises répétées. La disparition des effets ressentis ou la durée de détection urinaire ne permet pas de décider quand boire de l’alcool sans risque.

Il n’existe pas de délai universel de cinq jours après la prégabaline, ni de vingt-quatre heures après l’alcool, permettant de programmer soi-même une alternance sans risque. Ne sautez pas de dose et n’arrêtez pas le traitement pour boire. Après un arrêt médicalement encadré, demandez un conseil individuel au prescripteur ou au pharmacien.

Ceci dit, il est fortement déconseillé par les sociétés savantes de consommer de l’alcool durant toute la période de traitement par Lyrica en vue des complications néfastes que cela peut engendrer.

  Pour conclure, Lyrica est un excellent traitement qui a révolutionné la prise en charge des épilepsies et des douleurs neuropathiques, mais qui devrait être utilisé avec précaution et surtout sous surveillance médicale. Ne prenez jamais de Prégabaline sans qu’elle ne vous soit prescrite pas votre médecin traitant, et surtout pas pour des raisons récréatives. Si vous avez un antécédent d’addiction à Lyrica ou une autre substance veuillez en parler à votre médecin avant qu’il ne vous fasse une prescription.

Ce qui est inclus
01

Contexte clinique

Les informations sont présentées clairement en tenant compte des situations complexes et concomitantes.

02

Facteurs individuels

L’évaluation reste essentielle, car les besoins et les risques varient d’une personne à l’autre.

03

Prochaines étapes

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