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Ressource clinique

Un agenda rempli ne signifie pas se sentir entouré : ce que les données sur la solitude disent réellement de la richesse

Les résultats de l'OMS et de l'UE ne permettent pas de soutenir une lecture simpliste associant richesse et solitude. Ils montrent pourquoi les ressources individuelles, le nombre de contacts et la qualité des liens doivent être examinés séparément.

Revu cliniquement parDr. Sarah Boss, MD
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Un vaste réseau professionnel et un agenda chargé ne permettent pas de mesurer directement si une personne se sent soutenue. L’affirmation inverse, selon laquelle la richesse rendrait les personnes plus seules, n’est pas davantage établie. Pour les familles fortunées et les professionnels mobiles à l’international, la question utile n’est pas de savoir si la réussite provoque secrètement l’isolement. Il s’agit de comprendre quels liens la personne entretient, souhaite et peut maintenir.

Principaux constats

Environ une personne sur six : la proportion de personnes touchées par la solitude dans le monde selon la synthèse de l’OMS de 2025.

Environ 24 % contre 11 % : les estimations pour les groupes de pays à faible revenu et à revenu élevé.

13 % : la proportion de répondants à une enquête distincte dans l’UE qui se sont sentis seuls la plupart du temps ou tout le temps au cours des quatre semaines précédentes.

35 % : la proportion de répondants dans l’UE déclarant se sentir seuls au moins une partie du temps, y compris le groupe éprouvant une solitude plus fréquente.

25 646 : le nombre de répondants âgés de 16 ans et plus dans le volet de l’enquête reposant sur des panels en ligne dans les 27 pays de l’UE.

Le niveau de revenu d’un pays n’est pas la richesse individuelle. Les résultats de l’OMS et de l’UE portent sur des populations et des mesures différentes et ne doivent pas être regroupés. [1] [2] [3]

La comparaison mondiale remet en question une lecture simpliste du rôle de la richesse

Estimations de la solitude par l’OMS selon les groupes de pays classés par revenuEstimations approximatives de la synthèse de 2025 : 24 pour cent dans les pays à faible revenu, 11 pour cent dans les pays à revenu élevé. Échelle de zéro à 100 pour cent. Il ne s’agit pas de catégories de richesse individuelle.Estimations approximatives par groupe de pays, OMS 2025Pays à faible revenu24 %Pays à revenu élevé11 %050100 %

Source : OMS, juin 2025. Il s’agit d’estimations approximatives pour des groupes de pays, et non d’une comparaison entre personnes pauvres et fortunées vivant au même endroit. [1]

Ce constat ne montre pas que l’argent remédie à la solitude. Il remet toutefois en question l’idée selon laquelle la solitude serait principalement une conséquence d’un isolement dans le luxe. Les ressources et les conditions de vie restent inégalement réparties, tandis que le vécu de chaque personne mérite de l’attention.

Les chiffres de l’UE dépendent de la question posée

Enquête de l’UE sur la solitude de 2022 : des seuils de fréquence qui se recoupent
Vécu au cours des quatre semaines précédentesProportionInterprétation
Sentiment de solitude la plupart du temps ou tout le temps13 %Solitude plus fréquente
Sentiment de solitude au moins une partie du temps35 %Seuil plus large incluant le premier groupe

Source : Centre commun de recherche de la Commission européenne. Ces pourcentages ne doivent pas être additionnés. Ils ne sont pas directement comparables à l’ensemble des sondages nationaux ou des estimations de l’OMS. [2]

Le volet couvrant les 27 pays de l’UE a utilisé des panels de consommateurs en ligne constitués par échantillonnage non probabiliste. Un volet distinct portant sur quatre pays de l’UE a utilisé des panels en ligne constitués par échantillonnage probabiliste. Un échantillon de grande taille n’efface ni la distinction entre ces méthodes ni tous les biais de sélection possibles. [3]

Une question sur la fréquence au cours de quatre semaines diffère également d’une question demandant si une personne s’est déjà sentie seule. Le titre doit conserver la période de référence et le seuil retenu, plutôt que de choisir la version qui produit le chiffre le plus élevé.

Un revenu plus élevé était associé à une solitude moindre

La synthèse du JRC fait état d’une solitude moindre lorsque le revenu et le niveau d’études sont plus élevés. Cette association n’établit pas de lien de causalité et ne décrit pas séparément les ménages les plus fortunés. Elle ne permet pas d’affirmer que les personnes ayant réussi financièrement sont généralement les plus seules. [2]

Une moyenne favorable à l’échelle d’un groupe ne doit pas conduire à nier les difficultés d’une personne. Un clinicien peut prendre au sérieux la détresse d’une personne disposant de ressources importantes sans affirmer que sa richesse rend cette détresse plus fréquente.

Ce principe vaut dans les deux sens. Des ressources limitées ne définissent pas les relations d’une personne et n’impliquent pas l’absence d’un soutien qui compte pour elle. Les associations observées à l’échelle d’une population doivent orienter les questions, et non remplacer le récit de la personne.

Avoir des contacts et se sentir en lien sont deux choses différentes

L’OMS distingue la solitude, un décalage subjectif entre les relations souhaitées et les relations réelles, de l’isolement social, qui désigne un manque objectif de liens. Des contacts fréquents peuvent coexister avec un sentiment de solitude ; passer beaucoup de temps seul n’implique pas nécessairement ce sentiment. [4]

Compter les événements, les abonnés, les mises en relation ou les membres du foyer ne suffit donc pas. Une évaluation utile cherche à savoir si ces contacts sont souhaités, si la personne se sent comprise et si elle peut compter sur les relations auxquelles elle tient lorsqu’elle en a besoin.

Il s’agit de questions proposées pour la prise en charge, et non d’une affirmation selon laquelle les dirigeants manqueraient de relations authentiques. Un réseau professionnel peut avoir du sens et apporter du soutien. Il ne doit pas être écarté au seul motif que les personnes se sont rencontrées dans le cadre du travail.

La mobilité internationale soulève aussi la question de la continuité

Une personne qui se déplace entre plusieurs pays peut avoir plusieurs domiciles, lieux de travail et réseaux. La question est de savoir si cette organisation lui apporte la continuité qu’elle souhaite. Cet article n’estime pas la fréquence de la solitude parmi les expatriés ou les familles fortunées mobiles à l’international.

Un échange individualisé pourrait permettre de préciser où la personne passe son temps, quelles relations comptent pour elle et comment les soins s’intègrent à cette organisation. Il devrait distinguer l’indépendance choisie de la rupture de liens non souhaitée. Les déplacements ne doivent pas être automatiquement considérés comme le problème, ni l’installation permanente comme la solution.

Un family office peut apporter une aide logistique sans transformer les relations en objectif de performance à gérer. Organiser davantage d’activités ne démontre pas que la personne se sent davantage en lien avec les autres.

Vie privée et soutien ne s’opposent pas

Un professionnel exposé au public peut tenir à la discrétion tout en souhaitant un soutien réel. L’accès aux soins ne doit pas être présenté comme exigeant une divulgation publique, et une préférence pour le respect de la vie privée ne constitue pas en soi un diagnostic.

Une personne peut demander ce qu’implique la participation à un programme, comment le consentement est recueilli et quelles autres options sont disponibles. Le format approprié dépend des besoins cliniques et des préférences, plutôt que de l’hypothèse selon laquelle une exposition maximale ou un retrait maximal serait préférable.

Un cadre à l’écart est une caractéristique, pas une preuve d’amélioration du fonctionnement social après la sortie. Une telle affirmation exige un résultat défini et un suivi ultérieur.

Ce que l’évaluation du rétablissement devrait mesurer

Proposition de cadre d’évaluation des liens sociaux
DomaineQuestionRaccourci à éviter
Sentiment subjectif de lienLa personne se sent-elle soutenue dans les relations auxquelles elle tient ?Assimiler le nombre de connaissances à une amélioration
Participation souhaitéeLa personne peut-elle pratiquer les activités qui comptent pour elle ?Supposer qu’un mode de vie calme constitue un problème
Symptômes cliniquesQu’est-ce qui a changé dans les mesures pertinentes ?Assimiler la solitude à un diagnostic de dépression
AutonomieLa personne choisit-elle cette implication ?Confondre les préférences de la famille et celles du patient
Maintien dans le tempsL’amélioration persiste-t-elle dans la vie quotidienne ?Considérer qu’une expérience positive lors d’un séjour de retrait prouve un bénéfice durable

Il ne s’agit ni d’un score composite validé ni de données sur les résultats de THE BALANCE. Une évaluation nécessite des instruments appropriés, des moments d’observation définis à l’avance et une description claire des personnes suivies.

Le service doit expliquer ce qu’il cherche à faire évoluer

Offrir des occasions de contact répond à une question différente de celle qui consiste à aider une personne ayant de nombreux contacts, mais se sentant incapable de leur faire confiance. La justification thérapeutique doit relier l’approche proposée à la difficulté réelle de la personne.

Un programme pourrait associer traitement clinique, soutien pratique et participation. Une liste d’activités agréables ne démontre pas l’efficacité et ne permet pas d’identifier l’élément qui contribue à l’amélioration.

L’assiduité, la satisfaction, le soutien perçu et l’évolution clinique peuvent tous être consignés, mais doivent rester distincts. Un service doit préciser si son affirmation porte sur une expérience, un comportement ou un résultat en matière de santé.

Le suivi doit prendre en compte le retour aux conditions de vie habituelles. De nouvelles relations dans un cadre structuré peuvent être précieuses, mais la question ultérieure est de savoir comment la personne vit le soutien dont elle dispose chez elle. Un dernier rendez-vous favorable ne peut, à lui seul, y répondre.

Un classement des pays peut masquer la manière de mesurer

Le JRC souligne que les différences entre pays peuvent refléter des facteurs culturels, démographiques et liés à l’échantillonnage. Un classement ne doit pas être présenté comme un jugement sur le caractère national ni servir à prédire comment une famille vivra son installation dans un lieu donné. [2]

Les comparaisons portant sur le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas et les pays du Conseil de coopération du Golfe nécessitent des questions, des périodes de référence et des populations compatibles. Réunir des estimations disparates sur une même carte ne les rend pas comparables.

Lorsque les données ne permettent pas d’établir un classement large, une comparaison plus ciblée est plus utile. L’absence d’observations ne doit pas être interprétée comme un résultat favorable.

Ce qu’une étude sur les familles fortunées pourrait apporter

Une étude bien conçue pourrait examiner séparément le patrimoine personnel, le revenu, les responsabilités, la mobilité et le sentiment de lien avec les autres. Elle devrait recruter des personnes ayant des expériences positives comme difficiles, plutôt que de présumer une épidémie cachée au sein d’une élite.

Un échantillon issu d’un service de soins décrirait les personnes qui sollicitent un traitement, et non l’ensemble des personnes fortunées. Une enquête diffusée spécifiquement autour du thème de la solitude peut attirer des répondants particulièrement intéressés par ce sujet. Le recrutement et la pondération devraient faire l’objet d’une présentation transparente.

Aucune nouvelle enquête n’est présentée ici. La contribution de cet article consiste à clarifier ce que les données existantes permettent d’étayer et quelles questions individuelles restent sans réponse.

Ce que les chiffres ne peuvent pas nous dire

Les groupes de pays de l’OMS ne permettent pas d’identifier les personnes fortunées. Les seuils de fréquence de l’UE se recoupent, et la méthode de constitution des panels limite la généralisation. Aucune de ces sources ne prouve qu’un programme résidentiel réduit la solitude ou que la réussite financière provoque l’isolement.

L’essentiel

Prendre la personne au sérieux sans déformer les données sur la population. La richesse ne justifie pas de minimiser la solitude d’un client, mais la solitude ne doit pas non plus devenir un stéréotype associé à la richesse. La qualité de la prise en charge se juge à sa capacité à comprendre la différence entre avoir des contacts et se sentir en lien, et à mesurer ce qui évolue au-delà du cadre thérapeutique.

Pour les journalistes

Comparaison clé : environ 24 % de personnes touchées par la solitude dans les groupes de pays à faible revenu, contre 11 % dans ceux à revenu élevé, selon la synthèse de l’OMS.

Réserve importante : le niveau de revenu d’un pays n’est pas la richesse individuelle ; les seuils distincts de 13 % et de 35 % de l’enquête de l’UE ne peuvent pas être additionnés.

Attribution suggérée : THE BALANCE, comparaison des résultats de l’OMS et de la Commission européenne sur les liens sociaux.

Méthodologie et sources

Cette analyse narrative distingue les estimations par groupe de pays, les associations observées dans les enquêtes individuelles et les mesures proposées pour la prise en charge. Elle n’établit ni classement national, ni nouvelle estimation combinée, ni taux de prévalence parmi les personnes fortunées.

  1. OMS. Liens sociaux et santé, 30 juin 2025.
  2. JRC de la Commission européenne. Prévalence de la solitude dans l’UE.
  3. JRC de la Commission européenne. Méthodes et échantillons de l’enquête de l’UE sur la solitude.
  4. OMS. Isolement social et solitude.
Ce qui est inclus
01

Contexte clinique

Les informations sont présentées clairement en tenant compte des situations complexes et concomitantes.

02

Facteurs individuels

L’évaluation reste essentielle, car les besoins et les risques varient d’une personne à l’autre.

03

Prochaines étapes

Un échange confidentiel peut aider à déterminer la voie la plus appropriée.

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