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Ressource clinique

Cortisone et alcool

La cortisone est un corticostéroïde largement prescrit pour traiter de nombreuses maladies inflammatoires, allergiques et auto-immunes. En raison de son usage fréquent, une question revient souvent chez les patients : peut-on consommer de l’alcool…

Revu cliniquement parDr. Sarah Boss, MD
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Résumé essentiel

  • Les conseils concernant l’alcool dépendent du corticostéroïde, de la dose, de la maladie, des autres traitements et de la consommation ; il n’existe pas d’interdiction ni de délai d’attente universels.
  • Une consommation excessive peut aggraver certains risques digestifs, osseux ou métaboliques et mérite une évaluation individuelle.
  • L’insuffisance surrénalienne après un traitement prolongé n’est pas une addiction ; l’arrêt doit suivre les consignes du prescripteur.

La cortisone est un corticostéroïde largement prescrit pour traiter de nombreuses maladies inflammatoires, allergiques et auto-immunes. En raison de son usage fréquent, une question revient souvent chez les patients : peut-on consommer de l’alcool pendant un traitement à la cortisone ? Les conseils dépendent du corticostéroïde prescrit, de sa dose, de la durée du traitement, de votre état de santé et de votre consommation d’alcool.

Une consommation excessive d’alcool peut aggraver des problèmes digestifs, métaboliques ou osseux déjà présents. Demandez au médecin ou au pharmacien un conseil adapté au médicament et à votre situation.

La cortisone est un médicament appartenant à la famille des corticostéroïdes, souvent utilisée pour traiter diverses affections telles que l’asthme, les réactions allergiques, l’arthrite, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, les troubles surrénaliens, ainsi que certaines pathologies du sang ou de la moelle osseuse (1).

Ces substances, également appelées glucocorticoïdes ou simplement stéroïdes, sont de puissants anti-inflammatoires à action rapide. Elles agissent en réduisant l’inflammation, en modulant un système immunitaire suractivé, ou en remplaçant le cortisol, une hormone normalement produite par l’organisme (2).

En plus de leur effet anti-inflammatoire, les corticostéroïdes exercent une action immunosuppressive, c’est-à-dire qu’ils diminuent l’activité du système immunitaire. Pour ces raisons, les médecins les prescrivent fréquemment afin d’obtenir un soulagement rapide, bien que temporaire, des symptômes (3).

Bien qu’efficace, la cortisone peut entraîner des effets secondaires potentiellement graves, particulièrement en cas d’usage prolongé. Parmi ceux-ci figurent :

  • Une prise de poids
  • Une hypertension artérielle
  • Des modifications de l’humeur
  • Une augmentation du risque d’infections.

Par ailleurs, la cortisone élève le taux de glucose sanguin, ce qui peut poser des difficultés aux personnes atteintes de diabète ou de prédiabète (4).

Il n’existe pas d’interdiction universelle de l’alcool pour tous les corticostéroïdes : les conseils usuels pour la prednisolone l’autorisent. Une limitation ou une abstinence peut néanmoins être recommandée selon la maladie, les autres médicaments et la quantité consommée.

L’aggravation des effets secondaires :

L’alcool amplifie certains effets indésirables de la cortisone, tels que les irritations gastriques, les sautes d’humeur et l’insomnie. Leur combinaison peut également exacerber des troubles psychologiques comme l’anxiété, la dépression ou les comportements agressifs, formant ainsi une association à éviter absolument.

Un risque de lésions hépatiques :

Les deux substances exercent une pression significative sur le foie. Consommer de l’alcool pendant un traitement à la cortisone accroît le risque, à long terme, d’inflammation hépatique et de fibrose (5). Préserver la santé de cet organe essentiel implique de s’abstenir d’alcool durant la thérapie.

L’affaiblissement du système immunitaire :

La cortisone réduit déjà l’activité du système immunitaire. L’ajout d’alcool aggrave cette immunodépression, rendant l’organisme plus vulnérable aux infections et aux maladies. Dans un tel contexte, il est essentiel de ne pas exposer davantage un corps déjà fragilisé.

L’association de la cortisone et de l’alcool peut s’avérer extrêmement dangereuse. La cortisone, en tant que corticostéroïde puissant, supprime déjà l’activité du système immunitaire ; lorsqu’elle est combinée à l’alcool, elle amplifie de manière significative ses effets indésirables.

Parmi les complications les plus fréquentes, on cite :

Un risque élevé d’hémorragie gastro-intestinale :

La cortisone et l’alcool ont tous deux la capacité d’irriter la muqueuse du tube digestif. Leur association augmente significativement le risque de développer des ulcères ou des hémorragies gastriques, particulièrement chez les patients soumis à un traitement prolongé à la cortisone (6).

Une aggravation de l’ostéoporose :

La cortisone peut entraîner, avec le temps, une diminution de la densité osseuse, conduisant à une ostéoporose. La consommation d’alcool aggrave ce phénomène en altérant davantage la santé osseuse, ce qui accroît le risque de fractures ou de lésions squelettiques (7).

Des fluctuations glycémiques :

La cortisone a tendance à élever le taux de glucose sanguin, ce qui peut soit aggraver un diabète préexistant, soit favoriser l’apparition d’un diabète induit par les corticoïdes. L’alcool, quant à lui, peut également perturber la régulation de la glycémie, provoquant parfois des variations rapides et potentiellement dangereuses.

Des risques cardiovasculaires intenses :

Un traitement prolongé à la cortisone est susceptible d’augmenter la pression artérielle. L’alcool peut, de son côté, élever à la fois la fréquence cardiaque et la pression artérielle. Lorsqu’ils sont combinés, ces deux facteurs exercent une pression supplémentaire sur le système cardiovasculaire, augmentant ainsi le risque de complications cardiaques.

Une altération de la mémoire et une amnésie alcoolique :

L’alcool peut provoquer des pertes de mémoire, notamment lors d’une consommation importante. Les données citées ne permettent pas d’affirmer qu’un traitement par cortisone provoque une interaction spécifique augmentant systématiquement ce risque (8).

Une personne concernée pourrait se réveiller le lendemain sans aucun souvenir de ce qu’elle a fait la veille. Une telle perte de mémoire comporte des risques sérieux, allant de comportements embarrassants à des accidents, voire à des conséquences juridiques.

Un risque élevé de dépendance :

Un traitement prolongé par corticostéroïdes peut réduire la production naturelle de cortisol. Cette adaptation et le risque de sevrage ou d’insuffisance surrénalienne ne signifient pas une addiction. Suivez les consignes du prescripteur pour l’arrêt, qui peut nécessiter une diminution progressive ; ne modifiez pas seul le traitement (9).

La consommation d’alcool durant un traitement par la cortisone peut entraîner divers problèmes de santé, particulièrement en cas de prise régulière ou excessive. Voici les principales conséquences potentielles à long terme de l’association de ces deux substances :

Un risque élevé d’infections :

La cortisone, en tant qu’immunosuppresseur, réduit l’activité du système immunitaire. L’alcool, qui possède également des effets immunodépresseurs, accentue cette vulnérabilité. Leur combinaison multiplie ainsi le risque d’infections, une préoccupation majeure chez les patients traités pour une maladie inflammatoire chronique ou une affection auto-immune.

Une prise de poids et une rétention d’eau :

La cortisone favorise fréquemment une prise de poids, notamment en stimulant l’appétit et en provoquant une rétention hydrosodée. L’alcool, riche en calories et susceptible de causer des ballonnements, aggrave ces effets indésirables, contribuant à une prise de poids plus marquée.

Des troubles cognitifs accentués :

L’alcool affecte les fonctions cognitives, notamment la mémoire, l’attention et la concentration. La cortisone, quant à elle, peut également provoquer des effets neuropsychiatriques, tels que l’irritabilité, l’insomnie ou les troubles de l’humeur. Lorsqu’elles sont combinées, ces substances peuvent amplifier les altérations cognitives, compromettant la capacité à effectuer des tâches exigeant vigilance et coordination, comme la conduite automobile ou la manipulation d’équipements dangereux.

Solupred est un médicament appartenant à la classe des corticostéroïdes. Ces substances agissent en bloquant la libération, dans l’organisme, de composés responsables de l’inflammation. C’est pourquoi Solupred est fréquemment prescrit pour traiter un large éventail d’affections inflammatoires et allergiques.

Il est recommandé de limiter, voire d’éviter totalement, la consommation d’alcool pendant un traitement à Solupred. En effet, l’alcool peut majorer le risque d’effets secondaires gastro-intestinaux, notamment les ulcères gastriques et les saignements digestifs.

Par ailleurs, il est susceptible de réduire l’efficacité du médicament en perturbant son métabolisme hépatique. Pour ces raisons, il est préférable de s’abstenir de boire de l’alcool durant le traitement, ou tout du moins de le faire de manière très modérée et uniquement sous la supervision d’un professionnel de santé.

L’alcoolisme est une dépendance particulièrement difficile à surmonter. Lorsqu’une personne souffre par ailleurs d’une affection nécessitant un traitement par corticostéroïdes, elle peut facilement se sentir dépassée.

Un traitement corticostéroïde prescrit au long cours n’est pas, à lui seul, un abus de substances. Si votre consommation d’alcool vous préoccupe, un professionnel peut proposer une évaluation et un accompagnement adaptés ; la durée du rétablissement varie.

(1) Zetterström R. (2008). The discovery that cortisone may effectively ameliorate inflammatory and allergic diseases. Acta paediatrica (Oslo, Norway : 1992), 97(4), 513–517. https://doi.org/10.1111/j.1651-2227.2008.00683.x

(2) Katz, F. H., & Shannon, I. L. (1969). Parotid fluid cortisol and cortisone. The Journal of clinical investigation, 48(5), 848–855. https://www.jci.org/articles/view/106042

(3) SOURKES, T. L., & HENEAGE, P. (1951). The effects of cortisone in vivo on the oxidative metabolism of the rat adrenal. Endocrinology, 49(5), 601–605. https://doi.org/10.1210/endo-49-5-601

(4) SCHINDEL L. (1956). Side effects of ACTH-cortisone-prednisone. Acta medica Orientalia, 15(3), 68–83.

(5) Stewart, P. M., Burra, P., Shackleton, C. H., Sheppard, M. C., & Elias, E. (1993). 11 beta-Hydroxysteroid dehydrogenase deficiency and glucocorticoid status in patients with alcoholic and non-alcoholic chronic liver disease. The Journal of clinical endocrinology and metabolism, 76(3), 748–751. https://doi.org/10.1210/jcem.76.3.8445034

(6) Derelanko, M. J., & Long, J. F. (1982). Influence of prednisolone on ethanol-induced gastric injury in the rat. Digestive diseases and sciences, 27(2), 149–154. https://doi.org/10.1007/BF01311709

(7) Fukushima, W., Yamamoto, T., Takahashi, S., Sakaguchi, M., Kubo, T., Iwamoto, Y., Hirota, Y., & Idiopathic ONFH Multicenter Case-Control Study (2013). The effect of alcohol intake and the use of oral corticosteroids on the risk of idiopathic osteonecrosis of the femoral head: a case-control study in Japan. The bone & joint journal, 95-B(3), 320–325. https://doi.org/10.1302/0301-620X.95B3.30856

(8) Dominguez, G., Belzung, C., Pierard, C., David, V., Henkous, N., Decorte, L., Mons, N., & Beracochea, D. (2017). Alcohol withdrawal induces long-lasting spatial working memory impairments: relationship with changes in corticosterone response in the prefrontal cortex. Addiction biology, 22(4), 898–910. https://doi.org/10.1111/adb.12371

(9) Rose, A. K., Shaw, S. G., Prendergast, M. A., & Little, H. J. (2010). The importance of glucocorticoids in alcohol dependence and neurotoxicity. Alcoholism, clinical and experimental research, 34(12), 2011–2018. https://doi.org/10.1111/j.1530-0277.2010.01298.x

(10) HIGUCHI, T., & KURAMOTO, R. (1954). Study of possible complex formation between macromolecules and certain pharmaceuticals. I. Polyvinylpyrrolidone with sulfathiazole, procaine hydrochloride, sodium salicylate, benzyl penicillin, chloramphenicol, mandelic acid, caffeine, theophylline, and cortisone. Journal of the American Pharmaceutical Association. American Pharmaceutical Association, 43(7), 393–397.

Questions

Questions fréquentes

Combien de temps après la fin d’un traitement à la cortisone peut-on consommer de l’alcool ?
Il n’existe pas de délai universel d’une semaine après un corticostéroïde pour consommer de l’alcool. Demandez au prescripteur ou au pharmacien un conseil tenant compte du médicament exact, de la dose, de la maladie et des autres traitements.
La quantité et la fréquence de consommation, ainsi que les risques digestifs, osseux ou glycémiques, doivent aussi être pris en compte. Un délai d’attente ne garantit pas l’absence de risque et ne justifie pas d’arrêter un traitement nécessaire.
Peut-on boire du café pendant un traitement à la cortisone ?
La consommation modérée de café pendant un traitement à la cortisone est généralement considérée comme sans danger pour la majorité des patients. Toutefois, le café et la cortisone ont tous deux la capacité d’augmenter la pression artérielle (10).
Il est donc recommandé de rester attentif à ses réactions corporelles et d’éviter une consommation excessive de caféine en cas de symptômes tels qu’une accélération du rythme cardiaque, de la nervosité ou de l’agitation.
Ce qui est inclus
01

Contexte clinique

Les informations sont présentées clairement en tenant compte des situations complexes et concomitantes.

02

Facteurs individuels

L’évaluation reste essentielle, car les besoins et les risques varient d’une personne à l’autre.

03

Prochaines étapes

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