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Ressource clinique

Trouble bipolaire de type I ou de type II

Le trouble bipolaire revêt différentes formes. Comprendre les symptômes des types I et II est essentiel pour établir un diagnostic juste et proposer un traitement adapté.

Revu cliniquement parDr. Sarah Boss, MD
Résidence en pierre avec piscine, pelouse et palmiers

Le trouble bipolaire comprend plusieurs types, notamment les types I et II. Tous deux peuvent avoir des répercussions importantes sur la vie quotidienne, les relations et le travail, d’où l’importance d’un diagnostic précis et d’approches thérapeutiques adaptées.

Les personnes atteintes d’un trouble bipolaire peuvent connaître, pendant les épisodes maniaques, des périodes intenses marquées par une énergie accrue, une irritabilité importante, une accélération des pensées et une impulsivité. Les épisodes dépressifs se caractérisent quant à eux par une profonde tristesse, une léthargie, un sentiment de désespoir et des difficultés de concentration. Ces variations de l’humeur peuvent différer en intensité et en fréquence et affecter la capacité à fonctionner au quotidien. 

Le trouble bipolaire nécessite une prise en charge tout au long de la vie, associant médicaments, psychothérapie et adaptations du mode de vie pour aider les personnes concernées à maintenir leur stabilité et à mener une vie épanouissante.

Le trouble bipolaire ne se résume pas à se sentir heureux un instant, puis triste l’instant suivant. Il est plus complexe, avec des manifestations d’intensité et de durée variables. Les types I et II en constituent deux formes importantes.

Le diagnostic de trouble bipolaire de type I nécessite au moins un épisode maniaque, caractérisé par une humeur anormalement élevée ou irritable et une augmentation de l’énergie ou de l’activité. La dépression est fréquente, mais n’est pas nécessaire à ce diagnostic. La manie dure généralement au moins une semaine, mais aucune durée minimale n’est requise si une hospitalisation est nécessaire.

Le diagnostic de trouble bipolaire de type II nécessite au moins un épisode hypomaniaque et au moins un épisode dépressif majeur, sans antécédent de manie. L’hypomanie se distingue de la manie et dure généralement au moins quatre jours consécutifs. Le trouble bipolaire de type II peut entraîner un retentissement fonctionnel important, notamment du fait de la dépression [1]. 

Principales différences entre les troubles bipolaires de type I et II

Intensité des épisodes maniaques : La manie dans le trouble bipolaire de type I entraîne une altération marquée du fonctionnement, peut comporter des symptômes psychotiques ou nécessiter une hospitalisation. L’hypomanie dans le type II entraîne un changement observable du fonctionnement, mais pas d’altération marquée, de symptômes psychotiques ni de nécessité d’hospitalisation du fait de l’épisode d’élévation de l’humeur lui-même [1].

Épisodes dépressifs : Un épisode dépressif majeur est nécessaire au diagnostic de type II, mais pas de type I. Certaines études longitudinales constatent un poids plus important de la dépression dans le type II, sans que cela signifie que chaque épisode dépressif soit plus sévère. Dans les deux types, la dépression peut être invalidante.

Difficultés diagnostiques : Le diagnostic du type II peut être plus délicat, car les épisodes hypomaniaques peuvent être moins perceptibles ou perturbateurs que les épisodes maniaques francs du type I.

Approches thérapeutiques : Le traitement dépend de l’épisode en cours, de sa sévérité, des risques pour la sécurité, de la réponse aux traitements antérieurs et des besoins individuels. Les deux types peuvent être pris en charge en ambulatoire ou nécessiter une hospitalisation ; le diagnostic ne détermine pas à lui seul le cadre des soins.

Données statistiques sur les troubles bipolaires de type I et II

Prévalence : Dans l’échantillon d’adultes vivant en ménage aux États-Unis de l’étude World Mental Health Survey publiée par Merikangas et ses collègues en 2011, la prévalence estimée au cours de la vie était de 1,0 % pour le type I et de 1,1 % pour le type II. Il s’agit d’estimations issues d’une enquête ancienne, et non de taux annuels actuels.

Différences selon le genre : Les deux types de trouble bipolaire peuvent toucher des personnes de tout genre.

Âge de début : Le trouble bipolaire débute souvent à l’adolescence ou au début de l’âge adulte, bien qu’il puisse apparaître à d’autres âges. L’âge de début ne permet pas, à lui seul, de distinguer le type I du type II.

Le trouble bipolaire revêt différentes formes. Comprendre les symptômes des types I et II est essentiel pour établir un diagnostic juste et proposer un traitement adapté.

Épisodes maniaques

Les épisodes maniaques du trouble bipolaire de type I sont intenses et provoquent une élévation extrême de l’humeur, caractérisée par une énergie accrue, une accélération des pensées et des conduites à risque. Leur sévérité conduit souvent à une hospitalisation.

Les épisodes hypomaniaques comportent une humeur élevée ou irritable et une augmentation de l’énergie ou de l’activité, avec un changement perceptible par rapport au comportement habituel. Ils n’entraînent pas d’altération marquée du fonctionnement, de symptômes psychotiques ni de nécessité d’hospitalisation du fait de l’élévation de l’humeur. Si ces manifestations surviennent, une évaluation à la recherche d’une manie est nécessaire. L’hypomanie peut également survenir dans le trouble bipolaire de type I [2]. 

Épisodes dépressifs

Les épisodes dépressifs du trouble bipolaire de type I se caractérisent par une profonde tristesse, un désespoir, une perte d’intérêt pour les activités, des modifications de l’appétit ou du sommeil et, parfois, des pensées ou des comportements suicidaires. Lorsqu’ils sont présents, ces épisodes nécessitent un traitement, mais ils ne sont pas nécessaires au diagnostic de type I.

La dépression peut prédominer dans l’évolution du trouble bipolaire de type II et affecter considérablement la vie quotidienne, notamment la concentration, l’estime de soi et la sécurité. Sa fréquence, sa durée et sa sévérité varient ; les épisodes dépressifs ne sont pas nécessairement plus profonds que dans le type I. 

Caractéristiques mixtes

Dans le trouble bipolaire de type I, un épisode peut présenter des caractéristiques mixtes, c’est-à-dire des symptômes du pôle thymique opposé au cours d’un même épisode. Par exemple, des symptômes de manie et de dépression surviennent simultanément. Cette association peut être extrêmement éprouvante et difficile à prendre en charge.

Des caractéristiques mixtes peuvent aussi survenir au cours des épisodes dépressifs ou hypomaniaques du type II. Elles nécessitent une évaluation attentive et peuvent influencer les décisions thérapeutiques ; leur présence ne suffit pas, à elle seule, à établir un antécédent de manie.

Déterminer si une personne présente un trouble bipolaire de type I ou II exige une observation, une analyse et une évaluation attentives par des professionnels de santé mentale. Comprendre les méthodes utilisées permet de mieux saisir les nuances entre ces deux troubles.

Évaluation clinique

Analyse des symptômes : Les professionnels de santé mentale mènent des entretiens approfondis pour évaluer les variations de l’humeur, l’intensité et la durée des phases hautes et basses, ainsi que leurs répercussions sur la vie quotidienne. Ils recherchent des schémas dans les changements d’humeur et leurs effets sur le comportement.

Antécédents familiaux : La recherche de signes de troubles de l’humeur dans les antécédents familiaux peut fournir des indices essentiels au diagnostic d’un type I ou II. La génétique joue un rôle dans la prédisposition à ces troubles [1].

Outils d’évaluation

Questionnaires et échelles d’évaluation : Le Mood Disorder Questionnaire (MDQ) et la Bipolar Spectrum Diagnostic Scale (BSDS) sont des outils de dépistage qui peuvent conduire à une évaluation complémentaire dans certains contextes. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de diagnostiquer un trouble bipolaire, d’en distinguer les types ni d’établir la sévérité et la fréquence des épisodes. Le NICE déconseille l’utilisation de questionnaires pour repérer un trouble bipolaire en soins primaires.

Relevés quotidiens de l’humeur : Consigner chaque jour les changements d’humeur, les habitudes de sommeil et les autres comportements pertinents aide les professionnels à suivre et à analyser les fluctuations de l’humeur au fil du temps. Cela peut révéler des schémas distincts associés au type I ou II.

Difficultés du diagnostic différentiel

Reconnaître l’hypomanie : Repérer les épisodes hypomaniaques peut être délicat, car ils peuvent être moins évidents ou perturbateurs qu’une manie franche. Les patients peuvent ne pas les percevoir comme problématiques ni consulter à leur sujet, ce qui complique le diagnostic.

Chevauchement des symptômes : Certains symptômes des types I et II, notamment pendant les épisodes dépressifs, peuvent se retrouver dans d’autres troubles psychiques, comme le trouble dépressif majeur. Cette similitude peut compliquer le diagnostic et nécessite une évaluation attentive des antécédents et des symptômes du patient. [2]

Évaluation spécialisée

Évaluation psychiatrique : Une évaluation complète par un psychiatre ou un professionnel de santé mentale formé aux troubles de l’humeur est essentielle. Elle examine les épisodes survenus tout au long de la vie et les critères diagnostiques, tout en prenant en compte les effets de médicaments ou de substances, les maladies physiques et les autres troubles psychiques pouvant expliquer des symptômes similaires.

Évaluation longitudinale : L’observation de l’évolution de l’humeur et des épisodes sur une période prolongée aide à distinguer les deux types. Il ne s’agit pas seulement d’examiner un instant donné, mais d’analyser la fréquence, la durée et les répercussions des variations de l’humeur au fil du temps.

La prise en charge des troubles bipolaires de type I et II associe thérapies et médicaments. Comprendre les différences entre les approches thérapeutiques peut avoir une incidence importante sur la manière dont les personnes font face à ces troubles.

Stratégies médicamenteuses

Priorités du traitement du type I : La manie aiguë est traitée par un antipsychotique et/ou des thymorégulateurs, comme le lithium, choisis par un clinicien. Le lithium nécessite une surveillance sanguine. Le valproate présente des risques majeurs pour la reproduction, notamment des malformations congénitales et des atteintes du développement après une exposition pendant la grossesse, et fait l’objet de restrictions de prescription variables selon les juridictions. Discutez de tout projet de grossesse ou de conception avec le prescripteur ; n’arrêtez pas brutalement le traitement.

Approche médicamenteuse du type II : Le traitement vise la dépression, l’hypomanie et la prévention des rechutes. Les options pour la dépression bipolaire comprennent la quétiapine et, dans certaines circonstances, la lamotrigine ou d’autres traitements préconisés par les recommandations. Le choix dépend des symptômes, de la réponse antérieure, des risques et des recommandations locales. Les antidépresseurs ne constituent pas le traitement par défaut : ils sont utilisés de façon sélective, sous surveillance, car ils peuvent provoquer un virage de l’humeur ou une déstabilisation, notamment en présence de caractéristiques mixtes ou de cycles rapides.

Psychothérapie et accompagnement psychologique

Type I et psychothérapie : La psychothérapie, comme la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ou la thérapie interpersonnelle et des rythmes sociaux (IPSRT), joue un rôle important dans la prise en charge du type I. Ces thérapies portent sur la régulation de l’humeur, la gestion du stress et l’identification des facteurs déclenchants des épisodes thymiques.

Accompagnement psychologique du type II : Des psychothérapies similaires sont utilisées pour le type II, en mettant l’accent sur la stabilisation de l’humeur, la gestion des symptômes dépressifs et la reconnaissance des signes précoces d’hypomanie. L’objectif est de prévenir les variations de l’humeur et leurs répercussions sur la vie quotidienne. 

Besoins d’hospitalisation

Épisodes sévères du type I : La sévérité des épisodes maniaques du type I peut nécessiter une hospitalisation pour assurer la stabilisation et la sécurité. L’hospitalisation peut offrir un cadre structuré et une surveillance étroite pendant les phases aiguës.

Hospitalisation dans le type II : Le type II peut nécessiter une hospitalisation en cas de dépression sévère ou de risques pour la sécurité. Demandez une évaluation urgente en santé mentale en cas de suspicion de manie, de dépression sévère ou de risque de passage à l’acte dangereux. En cas de danger immédiat, d’intention suicidaire ou d’incapacité à rester en sécurité, contactez les services d’urgence locaux ou rendez-vous sans attendre au service d’urgences le plus proche [1]. 

Adaptations du mode de vie et soutien

Types I et II : importance de la régularité. Dans les deux types, le maintien d’habitudes régulières, notamment en matière de sommeil, d’activité physique et de gestion du stress, est bénéfique. Le soutien de la famille, des amis et des groupes de soutien peut aider à faire face aux difficultés liées au trouble bipolaire.

Stratégies d’autogestion : S’informer sur le trouble, reconnaître les facteurs déclenchants et développer des stratégies d’adaptation sont essentiels pour les personnes atteintes d’un trouble bipolaire de type I ou II. L’éducation à la maladie favorise une intervention précoce et la prévention des épisodes [2]. 

Réponse au traitement et ajustements

Surveillance de la réponse aux médicaments : Un suivi régulier auprès de professionnels de santé mentale est essentiel pour surveiller la réponse aux médicaments. Des ajustements peuvent être nécessaires selon l’efficacité et les effets indésirables des traitements prescrits.

Plans de traitement individualisés : Les plans de traitement sont fortement individualisés et tiennent compte des symptômes spécifiques, de la réponse aux médicaments et des répercussions sur la vie quotidienne. Les médicaments ou les approches psychothérapeutiques sont ajustés en conséquence. 

Ressources

Questions

Questions fréquentes

Peut-on avoir à la fois un trouble bipolaire de type I et de type II ?
Ces deux diagnostics ne sont pas retenus simultanément. Le type II suppose l’absence d’antécédent de manie. Si une personne ayant auparavant reçu un diagnostic de type II présente un épisode maniaque répondant aux critères diagnostiques, le diagnostic devient celui d’un type I.
Un trouble bipolaire de type II peut-il devenir un type I ?
Le diagnostic de type II est remplacé par celui de type I si un épisode maniaque répondant aux critères diagnostiques survient. Cette évolution n’est pas inévitable. Un clinicien doit évaluer l’épisode et envisager les causes médicamenteuses, liées aux substances ou médicales avant de reclasser le diagnostic.
Existe-t-il des facteurs déclenchants propres au type I ou au type II ?
Les événements de vie stressants, les perturbations du sommeil, l’usage problématique de substances et les changements d’habitudes peuvent déclencher des épisodes dans les deux types. Toutefois, les facteurs déclenchants peuvent varier considérablement d’une personne à l’autre.
Quelles différences entre les difficultés quotidiennes liées aux types I et II ?
Les deux types peuvent affecter considérablement les relations, le travail et le fonctionnement quotidien. Le type I comprend des épisodes maniaques, qui peuvent entraîner des perturbations marquées. Le type II comprend une hypomanie et une dépression majeure, cette dernière pouvant être persistante ou récurrente. Les deux types peuvent nécessiter une hospitalisation ; les symptômes individuels et les risques pour la sécurité déterminent les besoins de soins.
Ce qui est inclus
01

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02

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L’évaluation reste essentielle, car les besoins et les risques varient d’une personne à l’autre.

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