Norco est le nom commercial d’une association d’hydrocodone et d’acétaminophène, également appelé paracétamol. L’hydrocodone est un antalgique opioïde. Le paracétamol apporte un effet antalgique supplémentaire, mais présente son propre risque de lésions hépatiques en cas de prise excessive. Ces substances comportent des risques différents : un problème lié à cette association ne doit donc pas être réduit à la seule notion d’addiction.
Traitement prescrit, dépendance et addiction
Prendre un opioïde contre la douleur ne signifie pas, en soi, qu’une personne présente une addiction. Une tolérance peut se développer : certains effets deviennent alors moins marqués. La dépendance physique signifie que l’organisme s’est adapté et que des symptômes de sevrage peuvent survenir si le traitement est arrêté ou réduit trop rapidement. Ces deux phénomènes peuvent apparaître au cours d’un traitement prescrit.
Le trouble de l’usage des opioïdes correspond à un ensemble plus large de difficultés à contrôler la consommation et de conséquences dommageables. Prendre une dose supérieure à celle prescrite est dangereux et nécessite une réévaluation, mais un diagnostic ne doit pas être posé sur la base d’un seul comportement, d’un effet indésirable ou de l’apparence d’une personne. Un clinicien peut évaluer conjointement l’usage du médicament et la douleur sous-jacente.
Effets indésirables et interactions
L’hydrocodone peut provoquer une somnolence, des vertiges, des nausées et une constipation. Parmi les effets plus graves figure un ralentissement dangereux de la respiration. L’alcool, les benzodiazépines et les autres médicaments sédatifs peuvent augmenter le risque de sédation profonde, de coma ou de décès. Parlez de tous les médicaments et substances consommés avec le prescripteur ou le pharmacien.
Vérifiez si les autres produits contre la douleur, le rhume ou la grippe contiennent de l’acétaminophène ou du paracétamol, afin d’éviter tout cumul involontaire de ces substances. Respectez uniquement la dose et l’intervalle entre les prises figurant sur votre propre ordonnance. Les différents dosages des comprimés et les besoins de santé individuels ne permettent pas de recommander un nombre de comprimés valable pour tous.
Les personnes présentant des problèmes respiratoires ou hépatiques, des besoins liés à une grossesse ou à l’allaitement, ou des antécédents de problèmes de consommation de substances nécessitent une évaluation individualisée. Ces situations doivent conduire à une coordination des soins, et non à supposer que la douleur doit rester sans traitement ou qu’un médicament doit être arrêté brutalement.
Surdose : quand agir
Appelez les services d’urgence en cas de respiration lente ou absente, d’effondrement, de lèvres bleues ou grises, ou de difficulté à réveiller une personne. Si une surdose d’opioïdes est suspectée et que de la naloxone est disponible, administrez-la conformément à sa notice pendant que les secours sont mobilisés. Suivez les consignes de l’opérateur des services d’urgence et restez auprès de la personne.
La naloxone ne traite pas les lésions hépatiques liées au paracétamol. Si une prise supérieure à la dose prescrite est possible, contactez immédiatement un centre antipoison ou un service médical d’urgence, même si la personne se sent bien. Des lésions hépatiques peuvent se développer avant l’apparition de symptômes évidents. Il n’existe pas de dose universellement sûre ou mortelle permettant de décider chez soi de la conduite à tenir.
Signes indiquant que l’usage du médicament doit être réévalué
- Prendre davantage que ce qui a été convenu ou avoir du mal à contrôler sa consommation.
- Se retrouver régulièrement à court de médicament avant la date prévue ou chercher à s’en procurer en dehors du plan de traitement.
- Poursuivre la prise malgré une sédation importante, une blessure ou d’autres conséquences dommageables.
- Prendre le médicament principalement pour modifier son humeur plutôt que pour l’indication convenue.
- Présenter des symptômes de sevrage ou une aggravation de la douleur lorsqu’une prise est retardée.
Ces signes peuvent avoir différentes explications. Un échange ouvert peut permettre de distinguer une douleur insuffisamment traitée, une dépendance physique, un trouble de l’usage et d’autres problèmes de santé. La culpabilisation et les suppositions sur une évolution inévitable vers l’héroïne ou le fentanyl ne facilitent pas cette évaluation.
Sevrage et traitement
N’arrêtez pas brutalement une prise régulière d’hydrocodone sans avoir discuté d’un plan d’arrêt. Le sevrage peut s’accompagner de douleurs, de sueurs, de nausées, de diarrhée, d’agitation et de difficultés à dormir. La chronologie varie selon la formulation, la durée d’utilisation, la dose et d’autres facteurs. Une difficulté respiratoire constitue une urgence, et non un symptôme habituel de sevrage dont on peut attendre qu’il passe.
En présence d’un trouble de l’usage des opioïdes, un traitement médicamenteux fondé sur les données probantes peut comprendre de la buprénorphine, de la méthadone ou de la naltrexone, choisies et surveillées selon la situation de la personne et leur disponibilité locale. Un soutien psychologique et pratique peut s’y ajouter. Le traitement ne nécessite pas toujours d’avoir préalablement mené à terme un sevrage visant l’abstinence.
La prise en charge du sevrage ne suffit pas, à elle seule, à prévenir une reprise de la consommation. La tolérance peut diminuer après une période sans opioïdes, ce qui augmente le risque de surdose en cas de reprise d’une quantité auparavant consommée. Un plan de suivi et l’accès à un médicament permettant d’intervenir en cas de surdose sont donc importants.


