La zopiclone est un hypnotique prescrit pour le traitement de courte durée des insomnies sévères chez l’adulte.
Elle peut provoquer une tolérance, une dépendance physique, des symptômes de sevrage et, chez certaines personnes, une addiction. Ces problèmes sont liés mais distincts et ne surviennent pas systématiquement. Utilisez-la uniquement conformément à votre ordonnance.
La zopiclone est un hypnotique de la famille des cyclopyrrolones, utilisé pour le traitement de courte durée de certaines insomnies chez l’adulte. Elle renforce l’action inhibitrice du GABA au niveau de ses récepteurs. Sa structure diffère de celle des benzodiazépines, mais cela n’élimine pas les risques de somnolence, de dépendance ou de sevrage. Source : information officielle française sur la zopiclone.
La Zopiclone agit en tant qu’inhibiteur du système nerveux central en ciblant les récepteurs GABA sur les neurones cibles, induisant ainsi une hyperpolarisation. Le GABA bloque la transmission à travers les nerfs du cerveau et a un effet calmant, ainsi, en boostant l’efficacité du GABA, la Zopiclone améliore le sommeil (3).
La zopiclone peut encore altérer la vigilance et les capacités psychomotrices le lendemain. Son élimination ne garantit pas l’absence d’effet résiduel au réveil. La notice française demande notamment de respecter un intervalle d’au moins 12 heures avant une activité nécessitant une vigilance complète ; cet intervalle ne constitue pas une garantie individuelle d’aptitude à conduire. Ne conduisez pas si vous restez somnolent ou gêné dans votre attention.
La zopiclone a une action hypnotique et sédative. Elle peut faciliter l’endormissement et réduire les réveils nocturnes, mais la réponse et les effets indésirables varient selon la personne. Ses effets ne justifient pas une utilisation prolongée sans réévaluation médicale.
La zopiclone est destinée à un traitement bref lorsque l’insomnie est sévère et a un retentissement important. Le prescripteur doit rechercher les causes des troubles et évaluer la situation, notamment en présence d’une maladie physique ou psychique. Les difficultés de sommeil peuvent notamment comprendre :
- Une difficulté à s’endormir, à faire évaluer selon sa durée et ses causes.
- Des troubles du sommeil associés à une autre affection, nécessitant une évaluation et une prise en charge adaptées.
- Des réveils nocturnes fréquents et des réveils précoces.
La zopiclone peut provoquer des effets indésirables de gravité et de fréquence variables. Ils ne sont pas toujours légers ou temporaires. N’augmentez pas la dose de votre propre initiative et consultez la notice du produit prescrit (5).
En cas de somnambulisme ou d’activités effectuées sans être complètement éveillé, comme conduire ou préparer à manger avec peu ou pas de souvenirs ensuite, arrêtez la zopiclone et contactez immédiatement le prescripteur. Faites de même en cas d’hallucinations, d’idées délirantes ou de réactions comportementales inhabituelles. Cette consigne de sécurité est une exception à l’arrêt progressif habituel. Une blessure grave, une difficulté respiratoire ou l’impossibilité de réveiller la personne nécessite les secours.
Les effets possibles ci-dessous n’ont pas tous la même fréquence et ne surviennent pas chez tous les patients. Consultez la notice de votre produit pour les catégories de fréquence. Une difficulté respiratoire, un gonflement de la gorge, une perte de connaissance ou une convulsion nécessite une aide médicale urgente, et non une simple surveillance à domicile.
Au niveau du système nerveux (6) :
- Une céphalée.
- Un goût amer dans la bouche.
- Une sensation d’ivresse.
- Des étourdissements.
- Une amnésie antérograde : difficulté à mémoriser de nouvelles informations après la prise.
- Des troubles cognitifs.
- Une ataxie.
- Une paresthésie.
Au niveau du système respiratoire :
- Une dyspnée.
- Une dépression respiratoire.
Au niveau de la peau :
- Des éruptions cutanées.
- Une urticaire.
- Un prurit.
Au niveau du système digestif :
- Des nausées.
- Une difficulté à la digestion.
- Des vomissements.
- Une perte d’appétit.
- Une brûlure d’estomac.
- Une dyspepsie.
- Une constipation.
- Des crampes abdominales.
Au niveau oculaire :
- Un trouble de la vision (ou diplopie).
Au niveau du système immunitaire :
- Un angiœdème (très rare).
- Une allergie.
- Des chocs anaphylactiques.
Des troubles psychiatriques (7) :
- Une agitation.
- Des cauchemars.
- Une irritabilité.
- Un excès de colère.
- Une nervosité.
- Des troubles du comportement.
- Une altération des fonctions psychomotrices.
- Une augmentation des idées suicidaires et des idées délirantes.
- Une baisse de libido.
- Une agressivité.
- Des hallucinations.
- Une dépression.
- Une somnolence.
- Des comportements inappropriés.
- Des tentatives de suicide.
- Des troubles de la mémoire ou de la vigilance, à faire évaluer. Ils ne permettent pas de conclure que la zopiclone provoque la maladie d’Alzheimer.
Des troubles généraux :
- Une fatigue.
- Une augmentation du rythme cardiaque.
- Une sensation de picotements ou de brûlures.
- Une hypersalivation.
- Une baisse du tonus musculaire.
- Des lésions.
- Une intoxication.
- Un syndrome de sevrage.
- Une crise convulsive.
- Des tremblements.
- Une hypotension.
Le traitement doit être aussi bref que possible. L’information officielle française prévoit habituellement une durée maximale de quatre semaines, période de réduction comprise ; une éventuelle prolongation exige une nouvelle évaluation médicale. Cette limite ne signifie ni qu’une prise plus courte est sans risque, ni qu’il faut arrêter brutalement à une date donnée. Respectez le plan convenu avec le prescripteur.
Il ne faut pas affirmer que quelques prises espacées de zopiclone provoquent un cancer. L’étude citée ici compare des risques de préjudice chez des résidents de maisons de retraite recevant de la zopiclone ou de la trazodone ; elle n’établit pas cette conclusion sur le cancer. Plus généralement, une association observée dans une population ne prouve pas une relation de cause à effet ni le risque individuel d’une personne. Les risques reconnus du médicament et la nécessité de le poursuivre doivent être examinés avec le prescripteur.
De plus, la Zopiclone présente un risque en cas de polyintoxication avec d’autres substances dépressives du système nerveux central (qui ralentissent l’activité du système nerveux, telles que d’autres sédatifs, anxiolytiques, hypnotiques).
Un excès de dose induit une dépression du système nerveux central. Les symptômes se manifestent rapidement sous forme de somnolence, de léthargie et de confusion mentale. En cas de surdosage massif, une baisse de la pression artérielle, une ataxie, une difficulté respiratoire aiguë, une hypotonie et un état de coma peuvent se produire (9).
Un surdosage peut être mortel, notamment en association avec l’alcool, les opioïdes ou d’autres sédatifs. Il n’existe pas de quantité universelle permettant de décider chez soi qu’une prise est sans danger. La surveillance et le traitement relèvent d’une équipe médicale.
En cas de surdosage suspecté, demandez immédiatement une aide médicale ou contactez un centre antipoison, sans attendre les symptômes. Si la personne respire difficilement, convulse ou ne peut pas être réveillée, appelez les secours locaux immédiatement. Ne provoquez pas de vomissements et ne donnez ni charbon actif, ni nourriture, ni boisson sans instruction médicale. Le lavage gastrique et les autres traitements éventuels relèvent exclusivement d’une équipe médicale ; un délai depuis la prise ne permet pas de choisir soi-même un traitement. Gardez l’emballage pour les soignants et ne conduisez pas. Source : NHS, conduite à tenir en cas d’intoxication.
Une dépendance physique ou psychique peut survenir, y compris à dose thérapeutique. Le risque augmente notamment avec la dose et la durée du traitement, mais quatre semaines ne constituent pas une période garantie sans risque. Des symptômes d’arrêt ne suffisent pas, à eux seuls, à diagnostiquer une addiction. La notice française précise les risques de dépendance, de sevrage et d’altération de la vigilance.
Une tolérance peut se développer : certains effets d’une même dose diminuent. Cela ne justifie pas une augmentation personnelle de la dose. La dépendance physique correspond à une adaptation de l’organisme pouvant entraîner un sevrage après réduction ou arrêt. L’addiction implique un ensemble de comportements, notamment une perte de contrôle et la poursuite de l’utilisation malgré les dommages ; des symptômes de sevrage seuls ne prouvent pas une addiction.
Il ne faut pas supposer que la zopiclone est globalement moins risquée que tous les autres somnifères. Une comparaison dépend du produit, de la dose, de la durée et de la situation médicale. La décision de poursuivre ou de changer un traitement doit être discutée avec le prescripteur, sans substitution personnelle entre médicaments.
Après une réduction ou un arrêt, une insomnie de rebond ou d’autres symptômes peuvent apparaître. Leur durée n’est pas limitée de façon prévisible à un ou deux jours. Le suivi doit distinguer les symptômes d’arrêt, le retour du problème initial et d’autres causes possibles. NICE recommande une démarche individualisée et une réévaluation si les symptômes deviennent difficiles.
Pour un arrêt habituel après une utilisation régulière, convenez avec le prescripteur d’une réduction progressive et individualisée. Le rythme doit pouvoir être réévalué selon les symptômes et les risques ; aucun plan ne garantit un sevrage sans symptômes. Le suivi peut aussi prendre en charge l’insomnie et les autres besoins de santé.
Pour un arrêt habituel, ne modifiez pas brutalement un traitement régulier sans conseil médical. Les symptômes après une réduction ou un arrêt varient, et une durée de prise inférieure à un mois ne permet pas de les exclure. Les comportements complexes pendant le sommeil, hallucinations ou idées délirantes survenant pendant la prise nécessitent toutefois l’arrêt et un contact immédiat avec le prescripteur. Une convulsion, une confusion importante, une difficulté respiratoire ou l’impossibilité de réveiller la personne nécessite une aide urgente.
L’arrêt soudain du Zopiclone peut entraîner les signes de sevrage suivants :
- La réapparition de l’insomnie.
- Des céphalées (des maux de tête).
- Une anxiété.
- Une agitation.
- Des sautes d’humeur.
- Une augmentation de la sensibilité à la lumière, au bruit et au toucher.
- Des douleurs musculaires.
Suivez le plan convenu pour la réduction habituelle et signalez les symptômes difficiles afin de l’adapter. Les consignes d’arrêt immédiat liées à une réaction indésirable grave doivent être suivies sans attendre ce plan ; demandez rapidement une aide médicale.
La zopiclone peut aider à traiter une insomnie sévère à court terme, mais nécessite une prescription et un suivi adaptés. La dose, la durée, les effets indésirables et la fin du traitement doivent être discutés avec le prescripteur. Ne l’associez pas à l’alcool ; les opioïdes et autres sédatifs peuvent aussi augmenter les risques de somnolence profonde et de dépression respiratoire.
(1) Kelly, F., O’Grady, J., & Champey, Y. (1990). Zopiclone. Lancet (London, England), 335(8696), 1033–1034. https://doi.org/10.1016/0140-6736(90)91095-r
(2) Benzodiazepines: dementia in the elderly?. (2017). Prescrire international, 26(178), 16–17. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30730638/
(3) Zambotti, F., Zonta, N., Hafner, B., Ferrario, P., Zecca, L., & Mantegazza, P. (1987). Modification of GABA turnover in the striatum and hippocampus of the rat after zopiclone. Naunyn-Schmiedeberg’s archives of pharmacology, 335(5), 547–550. https://doi.org/10.1007/BF00169122
(4) Louzada, L. L., Machado, F. V., Nóbrega, O. T., & Camargos, E. F. (2021). Zopiclone to treat insomnia in older adults: A systematic review. European neuropsychopharmacology : the journal of the European College of Neuropsychopharmacology, 50, 75–92. https://doi.org/10.1016/j.euroneuro.2021.04.013
(5) Base de données publique des médicaments. ZOPICLONE EG 7,5 mg : résumé des caractéristiques du produit et notice. Information officielle française.
(6) Lader, M., & Frcka, G. (1987). Subjective effects during administration and on discontinuation of zopiclone and temazepam in normal subjects. Pharmacopsychiatry, 20(2), 67–71. https://doi.org/10.1055/s-2007-1017078
(7) Vermeeren, A., Riedel, W. J., van Boxtel, M. P., Darwish, M., Paty, I., & Patat, A. (2002). Differential residual effects of zaleplon and zopiclone on actual driving: a comparison with a low dose of alcohol. Sleep, 25(2), 224–231. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11905433/
(8) Watt, J. A., Bronskill, S. E., Lin, M., Youngson, E., Ho, J., Hemmelgarn, B., Straus, S. E., & Gruneir, A. (2023). Comparative Risk of Harm Associated with Zopiclone or Trazodone Use in Nursing Home Residents: a Retrospective Cohort Study in Alberta, Canada. Canadian geriatrics journal : CGJ, 26(1), 9–22. https://doi.org/10.5770/cgj.26.622
(9) Cimolai N. (2017). Zopiclone overdose and flumazenil rescue. CMAJ : Canadian Medical Association journal = journal de l’Association medicale canadienne, 189(16), E613. https://doi.org/10.1503/cmaj.732933
(10) Curreen, M., & Lidmila, J. (2014). Zopiclone: Is there cause for concern in addiction services and general practice?. The International journal of risk & safety in medicine, 26(4), 183–189. https://doi.org/10.3233/JRS-140633
(11) Lemoine, P., Allain, H., Janus, C., & Sutet, P. (1995). Gradual withdrawal of zopiclone (7.5 mg) and zolpidem (10 mg) in insomniacs treated for at least 3 months. European psychiatry : the journal of the Association of European Psychiatrists, 10 Suppl 3, 161s–5s. https://doi.org/10.1016/0924-9338(96)80098-8
(12) Ho, J. H., Wood, D. M., Archer, J. R., & Dargan, P. I. (2015). Availability of prescription zopiclone over the internet. BMJ (Clinical research ed.), 351, h5710. https://doi.org/10.1136/bmj.h5710
(13) Luurila, H., & Olkkola, K. T. (1996). Pharmacokinetic-pharmacodynamic modelling of zopiclone effects on human central nervous system. Pharmacology & toxicology, 78(5), 348–353. https://doi.org/10.1111/j.1600-0773.1996.tb01387.x


