En Angleterre, le nombre de patients adultes identifiés recevant des prescriptions de stimulants du système nerveux central et de médicaments du TDAH a augmenté de 40 % en 2025/26. Pour un professionnel qui finance son évaluation, la question suivante compte autant que le diagnostic : qui assurera le suivi du traitement, en évaluera les bénéfices et coordonnera les soins lorsqu’un autre clinicien prendra le relais ?
Principaux résultats
426 504 : nombre de patients identifiés dans la catégorie des stimulants du système nerveux central et des médicaments du TDAH en 2025/26.
4 243 160 : nombre de lignes de prescription dans la même catégorie et pour la même année.
31 % : augmentation annuelle arrondie du nombre total de patients identifiés.
40 % contre 17 % : augmentations rapportées chez les adultes et les enfants, respectivement.
Source : publication de la NHSBSA de juillet 2026. Ces chiffres couvrent les prescriptions du NHS en Angleterre dont les médicaments ont ensuite été délivrés en ville. Ils ne correspondent pas au nombre de nouveaux diagnostics de TDAH, et cette catégorie comprend des médicaments ayant d’autres indications. [1]
Les prescriptions ont augmenté à des rythmes différents chez les adultes et les enfants
L’augmentation était plus forte chez les adultes, mais aucun de ces pourcentages ne mesure la prévalence du TDAH. Les prescriptions privées ne sont pas incluses dans cette série du NHS. [1]
Ce que montrent les données
La dernière année prolonge une hausse plus ancienne de l’activité de prescription enregistrée. La NHSBSA dénombrait 162 838 patients identifiés en 2020/21, contre 426 504 en 2025/26. Le nombre de lignes de prescription est passé de 1 832 286 à 4 243 160 entre ces deux années de référence. Une ligne de prescription ne correspond ni à une dose ni à une personne distincte. [1]
| Exercice budgétaire | Patients identifiés | Lignes de prescription |
|---|---|---|
| 2020/21 | 162 838 | 1 832 286 |
| 2021/22 | 192 105 | 2 132 077 |
| 2022/23 | 233 474 | 2 544 087 |
| 2023/24 | 277 640 | 2 914 733 |
| 2024/25 | 326 450 | 3 381 200 |
| 2025/26 | 426 504 | 4 243 160 |
Source : NHSBSA, tableaux 1 et 2. L’exhaustivité de l’identification des patients évolue au fil du temps. Ces effectifs ne sont ni des taux rapportés à la population ni des données limitées aux cas confirmés de TDAH. [1]
Une augmentation rapide est un constat, pas une explication. Le repérage, les voies d’accès aux soins, les pratiques de prescription et les passages d’un service à l’autre sont autant de pistes possibles à étudier. Les chiffres agrégés ne permettent pas de déterminer la contribution de chacun de ces facteurs.
Une évaluation peut aussi avoir lieu longtemps après l’apparition des difficultés. Les données de prescription ne contiennent ni l’histoire développementale ni les informations cliniques nécessaires pour distinguer des difficultés récemment reconnues de difficultés nouvellement apparues. Un titre sur les prescriptions ne doit pas devenir une affirmation selon laquelle la fréquence du TDAH aurait soudainement augmenté dans les mêmes proportions.
Le parcours dans le privé n’est que partiellement visible
La série du NHS ne recense pas de manière exhaustive les évaluations, les prescriptions ou le suivi dans le secteur privé. Cela importe pour les familles qui peuvent financer un accès plus rapide. Leur prise en charge peut apparaître dans certaines données publiques, mais pas dans d’autres.
Une personne peut être évaluée dans le privé, puis obtenir des prescriptions du NHS. Une autre peut rester entièrement suivie dans le secteur privé. Un enregistrement de prescription ne permet de reconstituer aucun de ces deux parcours. Comparer les traitements publics et privés exige de connaître l’historique des prises en charge, plutôt que de présumer du lieu de la première consultation.
Le groupe de travail indépendant sur le TDAH, l’Independent ADHD Taskforce, a relevé des préoccupations concernant l’accès aux soins et leur continuité en Angleterre. Ses rapports éclairent l’évolution des prescriptions ; ils ne prouvent pas qu’un problème particulier d’organisation des soins explique chaque augmentation. [2]
Une évaluation ne constitue pas un plan de traitement complet
Pour un fondateur d’entreprise ou un dirigeant, une évaluation programmée peut sembler être une prestation bien définie : un rendez-vous, des honoraires et un compte rendu. Mais l’évaluation peut mettre en évidence un TDAH, suggérer une autre explication ou nécessiter des informations supplémentaires. Le paiement ne doit pas en prédéterminer la conclusion.
Le NICE inscrit le diagnostic dans une évaluation clinique spécialisée, qui prend notamment en compte le retentissement fonctionnel et l’ensemble des antécédents. Il recommande aussi une réévaluation du traitement médicamenteux portant sur les bénéfices, les effets indésirables, la nécessité clinique et les effets sur la scolarité, les études ou l’emploi. Le renouvellement d’une ordonnance ne constitue pas à lui seul cette réévaluation. [3]
Avant de choisir un prestataire, demandez ce que les honoraires comprennent et qui explique les résultats de l’évaluation. Clarifiez qui assure le suivi du traitement, comment les progrès sont évalués et ce qui se passe si un autre clinicien a besoin d’informations supplémentaires avant d’accepter le relais. Il s’agit de questions pratiques sur les responsabilités, et non d’exigences de diagnostic ou de résultat garanti.
La comparaison selon l’âge devrait inciter à s’intéresser aux services pour adultes sans créer de stéréotypes. Les chiffres ne renseignent ni sur les dirigeants ou les fondateurs d’entreprise, ni sur les revenus ou le patrimoine. La réussite professionnelle ne constitue ni une preuve de TDAH ni une raison d’écarter les difficultés d’une personne. L’évaluation doit rester ouverte à son histoire individuelle et à plusieurs explications possibles.
L’évolution récente du nombre de patients
Source : NHSBSA. Le graphique présente les nombres de patients enregistrés ; les chiffres exacts figurent dans le tableau. Il ne permet pas d’isoler les causes de l’augmentation. [1]
Pour les familles internationales, le relais entre professionnels est essentiel
Prenons l’exemple d’un professionnel évalué à Londres qui passe ensuite plusieurs mois à Dubaï ou à Zurich. Il s’agit d’une situation illustrative, et non d’une tendance mesurée dans les données. Avant de voyager, cette personne doit savoir clairement comment accéder à son dossier, comment sera assuré le suivi et qui sera responsable des décisions.
L’historique de l’évaluation, les traitements médicamenteux antérieurs, la réponse au traitement et les questions non résolues doivent accompagner le plan de soins. Un nouveau clinicien ne devrait pas avoir à reconstituer l’ensemble du parcours à partir d’une liste de prescriptions. Le soutien familial peut faciliter l’organisation pratique tout en respectant le consentement du patient et la prise de décision clinique.
Le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas et les pays du Conseil de coopération du Golfe ne constituent pas un cadre de prescription unique. Un service ne peut pas présumer qu’un clinicien exerçant ailleurs acceptera une organisation particulière. Les exigences locales doivent être vérifiées auprès des professionnels et des autorités concernés.
Ce que mesurerait une meilleure évaluation des résultats
Une étude utile suivrait les difficultés ayant motivé le traitement, des mesures appropriées des symptômes, les effets indésirables, le fonctionnement au quotidien et la continuité des soins. Elle préciserait la durée de suivi des participants et le nombre de personnes ayant pu être contactées. Les changements de traitement et les départs précoces devraient rester visibles.
Pour un dirigeant, mieux fonctionner au quotidien ne devrait pas simplement signifier travailler plus longtemps. Une organisation plus soutenable, moins de difficultés évitables et un équilibre gérable entre les responsabilités peuvent constituer des objectifs plus pertinents. Ces objectifs doivent être définis avec la personne, et non déduits de son intitulé de poste.
Les prestataires doivent également distinguer la satisfaction des patients de l’amélioration clinique. Se sentir écouté est précieux, mais cela ne permet pas d’établir si les symptômes se sont améliorés ou si les bénéfices ont duré. Une brève enquête positive ne peut pas remplacer un processus de suivi défini, dont le dénominateur est explicite.
Ce qu’il faut clarifier avant de financer un parcours de soins
Une proposition écrite utile doit distinguer l’évaluation de tout traitement ultérieur. Elle doit expliquer quelles informations sont nécessaires à l’évaluation, qui en discute les conclusions et comment l’incertitude est prise en compte. Une consultation n’est pas plus rigoureuse du seul fait qu’elle dure plus longtemps ou coûte plus cher. La question pertinente est de savoir si la démarche clinique prend en compte l’histoire de la personne et ses difficultés actuelles.
Les modalités de relais doivent être explicites, et non présumées. Le clinicien qui reprend le suivi peut avoir besoin d’examiner le dossier, de poser des questions supplémentaires ou de formuler un jugement clinique différent. Avant de s’appuyer sur une organisation donnée, le patient doit savoir qui reste responsable si le transfert n’aboutit pas. Cela est particulièrement important lorsqu’un premier prestataire facture l’évaluation séparément du suivi au long cours.
L’évaluation des progrès nécessite aussi un point de départ. Consigner les problèmes ayant motivé la consultation rend la réévaluation ultérieure plus informative qu’une simple question sur l’utilité ressentie du traitement. Par exemple, un patient peut souhaiter gérer ses tâches avec davantage de régularité ou rencontrer moins de difficultés à la maison. Ce sont des exemples d’objectifs, et non des effets promis d’un médicament particulier ou un substitut à des mesures cliniques appropriées.
La même démarche évite une définition trop étroite de la réussite. Une personne peut rapporter une meilleure concentration mais des effets indésirables gênants, ou une meilleure organisation professionnelle sans amélioration dans un autre domaine important. Une réévaluation clinique doit considérer le bilan global plutôt que de transformer le changement le plus favorable en affirmation de rétablissement complet. Les recommandations du NICE sur la réévaluation du traitement médicamenteux fournissent le cadre clinique pertinent. [3]
L’implication des familles doit soutenir la démarche sans en déterminer la conclusion. Un proche peut aider à rassembler les éléments de l’histoire développementale ou décrire des préoccupations pratiques. Le clinicien a néanmoins besoin du récit du patient et d’une évaluation ouverte à d’autres explications. Une carrière réussie ne doit trancher la question ni dans un sens ni dans l’autre, et un fort désir d’explication ne doit pas se transformer en diagnostic prédéterminé.
Pour les médias, ces questions offrent une piste d’enquête plus concrète qu’un nouveau titre sur la hausse de la demande. Un reportage pourrait comparer ce que les prestataires indiquent sur le périmètre de l’évaluation, le suivi et les responsabilités lors du transfert des soins. Cela nécessiterait un échantillon documenté de prestataires et la possibilité de corriger les erreurs factuelles. Cet article identifie les questions, mais ne présente pas un audit des cliniques privées.
Ce que les chiffres ne peuvent pas nous dire
La source n’estime ni le marché privé du TDAH, ni sa prévalence chez les dirigeants, ni le surdiagnostic, ni la réussite des traitements. Elle recense une catégorie de médicaments plutôt qu’une cohorte dont le diagnostic a été vérifié. Les évolutions chez les adultes et les enfants sont des chiffres arrondis fournis par la source, et les comparaisons à long terme nécessitent de consulter ses notes sur l’identification des patients.
Aucun audit de prestataires ni aucune comparaison des résultats entre public et privé n’a été réalisé. Les questions sur les soins soulevées dans cet article constituent une interprétation de ce que les patients doivent clarifier, et non le constat qu’un service nommé aurait manqué à ces dispositions.
L’essentiel
L’activité de prescription augmente. Une évaluation rapide peut être utile, mais elle ne mesure pas la qualité de tout ce qui suit. Pour les familles qui ont le choix, la comparaison la plus pertinente porte sur des parcours de soins complets, aux responsabilités clairement définies, plutôt que sur la rapidité du premier rendez-vous.
À l’attention des journalistes
Comparaison clé : le nombre de patients adultes identifiés a augmenté de 40 %, contre 17 % chez les enfants, dans la série anglaise 2025/26 sur les stimulants du système nerveux central et les médicaments du TDAH.
Réserve importante : il s’agit de données de prescription, et non de nouveaux diagnostics ou d’une enquête spécifique aux dirigeants.
Attribution suggérée : THE BALANCE : analyse des données de prescription de la NHSBSA et des recommandations publiées sur la prise en charge du TDAH.
Méthodologie et sources
Cette analyse s’appuie sur la publication de la NHSBSA du 23 juillet 2026 et en conserve les exercices budgétaires. Les tableaux présentent les effectifs exacts ; les valeurs des graphiques sont arrondies. Elle utilise des données agrégées, des rapports du groupe de travail et des recommandations cliniques, et non des dossiers de patients privés. Aucun effet causal du patrimoine ou du type de prestataire n’est estimé.


