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Ressource clinique

Enfants et adolescents : soutien en santé mentale et en addictologie

Les besoins en santé mentale des enfants et des adolescents évoluent avec leur développement, leurs relations, les exigences scolaires et les événements de vie. Un accompagnement utile tient compte de ces circonstances tout en étant à l’écoute du vécu du jeune.

Revu cliniquement parDr. Sarah Boss, MD
Résidence en pierre avec piscine, pelouse et palmiers

Les besoins en santé mentale des enfants et des adolescents évoluent avec leur développement, leurs relations, les exigences scolaires et les événements de vie. Un accompagnement utile tient compte de ces circonstances tout en étant à l’écoute du vécu du jeune. Ce guide aide les parents, les personnes qui s’occupent d’un enfant et les jeunes à préparer une évaluation, à comprendre les grandes possibilités de prise en charge et à coordonner le soutien à la maison et à l’école. Il s’agit d’informations à visée éducative, et non d’un diagnostic ni d’une indication qu’un service de soins pour adultes accueille des mineurs. La prise en charge d’un enfant ou d’un adolescent doit être organisée auprès de services locaux de pédiatrie et de santé mentale de l’enfant disposant des qualifications appropriées.

Repérer les changements dans le fonctionnement quotidien, au-delà des symptômes

Des inquiétudes ponctuelles, de la frustration ou des variations de l’humeur ne signifient pas automatiquement qu’il existe un trouble psychique. Observez l’évolution d’ensemble : depuis combien de temps la difficulté dure, quelle souffrance elle entraîne, si elle s’aggrave et comment elle affecte la vie quotidienne. Un enfant peut se plaindre de maux de ventre, éviter l’école ou ne plus prendre plaisir à une activité avant de pouvoir expliquer ses émotions. Un adolescent peut se replier davantage sur lui-même ou éprouver des difficultés avec le sommeil, la concentration ou les relations amicales.

Le NIMH recommande de demander de l’aide lorsque les difficultés émotionnelles ou comportementales persistent, provoquent une souffrance ou perturbent le fonctionnement quotidien, et de solliciter une aide immédiate en cas de comportement dangereux. [1] Notez quelques observations concrètes qui pourront être discutées sans réduire l’enfant à une liste de problèmes. Décrivez ce qui se passait avant le changement et les éventuels symptômes physiques pertinents. Évitez de considérer chaque difficulté comme une opposition délibérée, ou de penser qu’une souffrance qui affecte sa vie quotidienne disparaîtra simplement avec l’âge.

Ouvrir un dialogue qui laisse place à son vécu

Choisissez un cadre préservant l’intimité et un moment où vous disposez de suffisamment de temps. Interrogez-le sur un aspect de sa vie plutôt que d’exiger une explication complète. Un enfant peut parler plus facilement en marchant, en dessinant ou en faisant une activité ordinaire. Les adolescents plus âgés peuvent souhaiter échanger en partie sans la présence d’un parent. Expliquez que vous cherchez à comprendre ce qui est difficile et à organiser un soutien, plutôt qu’à prouver que votre interprétation est la bonne.

Évitez de promettre un secret qui ne pourrait pas être gardé si quelqu’un était en danger. Expliquez, avec des mots adaptés à son âge, que des préoccupations graves pour la sécurité nécessitent l’aide d’un adulte ou d’un professionnel approprié. Demandez si l’école, les relations, le harcèlement, les conflits familiaux, les expériences en ligne ou une maladie physique jouent un rôle. Un enfant n’a pas à tout révéler lors de la première conversation. Si les mots sont difficiles à trouver, demandez au service chargé de l’évaluation quels aménagements de communication et quels moyens permettraient de recueillir le point de vue du jeune sous une forme qui lui convient.

Préparer une évaluation du développement et de la santé mentale

Une évaluation doit prendre en compte le développement, la santé physique, la situation familiale, la scolarité et les préoccupations du jeune lui-même. Apportez les comptes rendus pertinents, les informations sur les traitements et, si vous en disposez, des exemples issus de différents contextes. Présentez ses points forts comme ses difficultés, notamment ce qui l’aide à se sentir à l’aise et à communiquer. Un questionnaire en ligne peut structurer les observations, mais il ne peut, à lui seul, établir un diagnostic ni déterminer le niveau de soins approprié.

Demandez au clinicien comment les informations provenant de l’enfant, de la famille et de l’école seront mises en commun, si une évaluation de la santé physique est nécessaire et quelles seront les suites du rendez-vous. Les recommandations du NICE sur la dépression chez l’enfant et l’adolescent soulignent l’importance d’une relation de soutien, d’une évaluation des besoins et de soins adaptés à la situation. [2] Les ressources sur la dépression et les ressources sur l’anxiété peuvent vous aider à préparer vos questions, mais les contenus destinés aux adultes ne doivent pas être considérés comme un protocole de traitement pédiatrique. Demandez des recommandations adaptées à l’âge et au développement du jeune.

Comprendre les choix thérapeutiques sans considérer les approches comme interchangeables

L’accompagnement peut comprendre un traitement psychologique spécifique au trouble, un travail avec la famille, un soutien parental, des modifications de l’environnement et des médicaments lorsqu’ils sont cliniquement indiqués. La combinaison appropriée dépend de l’évaluation, de la sévérité, des difficultés associées et de la situation du jeune. Demandez pourquoi une approche est recommandée, quels changements elle vise, comment les progrès seront suivis et que faire si elle n’apporte pas d’aide.

Des pages générales sur les thérapies peuvent éclairer la terminologie avant un rendez-vous. Par exemple, la thérapie cognitivo-comportementale et la thérapie systémique et familiale décrivent des approches différentes. Leur présence sur le site d’une clinique ne signifie pas qu’elles conviennent à tous les âges ou à tous les diagnostics. Demandez si le professionnel possède les qualifications et l’expérience pertinentes auprès des enfants et des adolescents, et comment le traitement sera adapté. Le guide du NIMH sur la santé mentale des enfants présente la psychothérapie, le soutien parental et familial ainsi que les médicaments comme des composantes possibles des soins, avec une coordination lorsque plusieurs professionnels interviennent. [1]

Examiner séparément le TDAH, l’autisme et les autres besoins développementaux

Les difficultés attentionnelles, la surcharge sensorielle, les particularités de communication et les besoins d’apprentissage peuvent influencer la manière dont un jeune vit l’école et les soins. Ils peuvent aussi se conjuguer à l’anxiété, à la dépression, à des troubles du sommeil ou à un traumatisme. Il est important d’évaluer chaque difficulté pertinente plutôt que de supposer qu’une seule étiquette diagnostique explique chaque changement. Les besoins d’un enfant peuvent être très différents de ceux d’un autre enfant ayant le même diagnostic.

Les recommandations du NICE sur le TDAH couvrent l’évaluation et la prise en charge pendant l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte, notamment la coordination entre les services. [3] Les recommandations du NICE sur l’autisme chez les moins de 19 ans mettent l’accent sur un accompagnement individualisé et sur la prise en compte des problèmes associés. [4] Consultez l’espace de ressources sur le TDAH et l’espace de ressources sur l’autisme pour mieux comprendre les termes employés lors des échanges sur les soins. Renseignez-vous sur les aménagements pratiques possibles : rendez-vous prévisibles, consignes plus claires, pauses ou aide à la communication. Précisez quels aménagements sont utiles, plutôt que d’attendre de l’enfant qu’il s’adapte sans aide à un environnement inaccessible.

Coordonner le soutien scolaire autour d’obstacles précis

Les difficultés scolaires peuvent concerner l’assiduité, la concentration, les sollicitations sensorielles, le harcèlement, les relations sociales ou la charge de travail nécessaire pour rattraper les cours après une maladie. Échangez avec un interlocuteur approprié de l’établissement sur ce que vit l’enfant et sur les aides qui pourraient être essayées. Convenez des informations à partager, de la personne qui réévaluera le dispositif et de la manière dont le jeune sera associé. L’objectif est un environnement d’apprentissage accessible, et non un simple retour en classe sans tenir compte de sa souffrance.

Les recommandations du NICE sur le bien-être à l’école préconisent une approche à l’échelle de l’établissement tout en reconnaissant les besoins des élèves nécessitant un soutien supplémentaire. [5] Une discussion pratique pourrait porter sur un espace plus calme, un interlocuteur stable, des modalités de communication adaptées pendant l’absence ou un plan de retour après les soins. Les possibilités et les procédures officielles varient selon le lieu et l’établissement. Demandez à l’école et aux professionnels qui assurent le suivi quels aménagements conviennent localement. Ne supposez pas qu’un rendez-vous médical suffira à résoudre un obstacle scolaire nécessitant une action coordonnée.

Repérer les difficultés alimentaires, les consommations de substances et les risques physiques

La restriction alimentaire, une souffrance liée à l’alimentation, des vomissements répétés, la consommation de substances ou des changements importants du poids et du fonctionnement physique méritent l’attention d’un professionnel. Ne vous fondez pas uniquement sur l’apparence pour déterminer si une personne a besoin d’aide. Un jeune peut rencontrer des difficultés importantes sans correspondre à un stéréotype connu. Des symptômes physiques tels qu’une perte de connaissance, une douleur thoracique ou une déshydratation sévère nécessitent une évaluation médicale, et une aide urgente lorsque la situation est grave.

Les recommandations du NICE sur les troubles des conduites alimentaires abordent les risques physiques ainsi que les soins psychologiques et recommandent une évaluation fondée sur l’ensemble du tableau clinique. [6] L’espace de ressources sur les troubles des conduites alimentaires peut vous aider à préparer des questions à poser à un service pédiatrique qualifié. En cas de consommation d’alcool ou de drogues, parlez ouvertement des substances, des habitudes de consommation et des médicaments concernés avec un clinicien approprié. Le programme de prise en charge d’une addiction ou d’un sevrage chez un jeune ne doit pas être repris d’un article destiné aux adultes, de l’ordonnance d’une autre personne ou d’un protocole en ligne sans supervision.

Réagir rapidement aux comportements auto-agressifs, au risque suicidaire et aux changements aigus

En cas d’inquiétude, parlez de la sécurité clairement et calmement. En présence d’une blessure grave, d’une suspicion de surdosage, d’une absence de réaction ou d’un risque immédiat de passage à l’acte dangereux qui ne peut être maîtrisé en toute sécurité, contactez les services d’urgence locaux. Un jeune présentant une confusion importante, des hallucinations ou une aggravation rapide de son comportement a également besoin d’une évaluation professionnelle dans les meilleurs délais. Ne laissez pas une situation urgente attendre la prochaine réunion scolaire habituelle ou la prochaine séance de thérapie.

Les recommandations du NICE sur les comportements auto-agressifs préconisent une évaluation psychosociale et des soins centrés sur les besoins de la personne, avec une participation appropriée de la famille et l’élaboration concertée d’un plan de sécurité. [7] La ressource sur les comportements auto-agressifs peut faciliter un échange une fois les besoins immédiats pris en charge. Une promesse de ne pas se faire de mal ne remplace ni une évaluation ni un plan applicable. Demandez au service comment obtenir de l’aide en dehors des horaires de consultation et comment l’école ou les autres personnes qui accompagnent le jeune doivent réagir si des inquiétudes apparaissent lorsqu’il est avec elles.

Soutenir les parents et la fratrie sans leur confier de responsabilité clinique

Les difficultés d’un enfant peuvent affecter l’ensemble du foyer, notamment le sommeil, le travail, les finances et les relations. Les parents et les personnes qui s’occupent de lui peuvent avoir besoin de conseils pour réagir de manière cohérente, d’une aide pratique ou d’un soutien émotionnel personnel. Les frères et sœurs peuvent avoir besoin d’explications simples et d’un espace pour exprimer leurs sentiments. On ne doit pas leur demander de surveiller les risques, d’interpréter les symptômes ou d’assumer la responsabilité de préserver la santé d’un autre enfant.

Définissez quelques rôles réalistes avec l’équipe soignante. Clarifiez qui communique avec l’école, qui aide à organiser les rendez-vous et ce qui est prévu lorsqu’une personne qui s’occupe de l’enfant est indisponible. Demandez quelles aides existent si des conflits familiaux, des problèmes de logement ou des préoccupations concernant la protection de l’enfant affectent les soins. Sollicitez un avis indépendant lorsque la participation d’une personne donnée présente un danger. Un plan familial efficace doit reconnaître l’autonomie croissante du jeune, tout en veillant à ce que les adultes et les professionnels appropriés assument la responsabilité des soins et de la sécurité.

Préparer la transition vers les services pour adultes avant toute rupture

Le passage des services pour enfants aux services pour adultes peut s’accompagner de changements d’équipe, de critères d’admission et de modalités de participation de la famille. Demandez suffisamment tôt comment la transition sera organisée, quels documents seront transmis et qui assurera les soins pendant le relais. Ne supposez pas qu’une orientation signifie qu’un rendez-vous est fixé, ni qu’une prescription ou un dispositif de soutien existant se poursuivra automatiquement sans changement.

Les recommandations du NICE sur la transition préconisent une planification coordonnée et centrée sur la personne pour les jeunes qui passent aux services sanitaires et sociaux pour adultes. [8] Préparez une courte synthèse des objectifs du jeune, de son traitement, de ses besoins de communication et des aménagements utiles. Demandez un interlocuteur désigné et une solution prévue si un rendez-vous est retardé ou si le jeune éprouve des difficultés à s’engager dans le suivi. La transition doit renforcer sa participation appropriée aux décisions, plutôt que supprimer brutalement un soutien nécessaire. Les modalités doivent être confirmées auprès des services locaux responsables du relais.

Explorer les sujets associés

Harcèlement et cyberharcèlement

TOC et anxiété chez les jeunes

Troubles des conduites alimentaires et soutien familial

Consommation de substances à l’adolescence

Comportements auto-agressifs et sécurité

Transition vers les services pour adultes

Besoins liés au développement et aux apprentissages

Traumatisme et TSPT chez l’enfant et l’adolescent

Comportements perturbateurs, trouble oppositionnel avec provocation et trouble disruptif avec dysrégulation émotionnelle

Questions

Questions fréquentes

Comment savoir si une difficulté dépasse une simple phase du développement ?

Prenez en compte la durée, la souffrance, les changements par rapport au fonctionnement habituel du jeune et les répercussions sur l’école, les relations ou la vie quotidienne. Ces observations peuvent orienter une évaluation professionnelle, mais ne permettent pas d’établir un diagnostic. Demandez une aide immédiate en cas de comportement dangereux ou de problème médical urgent, plutôt que d’attendre de voir si la difficulté passe.

Un adolescent devrait-il pouvoir parler seul à un clinicien ?

De nombreux services offrent au jeune la possibilité de parler de ses préoccupations en privé, selon des modalités adaptées à son âge, à sa compréhension et aux exigences locales. Demandez comment la confidentialité et la protection du jeune sont expliquées. La participation de la famille peut rester utile, mais elle ne doit pas empêcher le clinicien d’entendre le récit du jeune lui-même.

Un article sur les thérapies pour adultes peut-il orienter les soins de mon enfant ?

Il peut expliquer un terme ou vous aider à préparer des questions, mais il ne doit pas servir de plan de traitement pédiatrique. La pertinence, l’intensité et les adaptations dépendent de l’âge, du développement, du diagnostic et des risques. Demandez à un professionnel de santé mentale de l’enfant disposant des qualifications appropriées pourquoi une approche particulière est recommandée et comment les progrès seront évalués.

Que peut faire l’école dans l’attente de l’évaluation ?

Demandez un échange centré sur les obstacles que le jeune rencontre actuellement. Des aides pratiques peuvent être envisagées avant qu’un diagnostic soit finalisé. Convenez d’un interlocuteur, d’un moment pour faire le point et des informations pouvant être partagées. Les aménagements précis et les procédures officielles dépendent de l’établissement et du système local.

Ce guide signifie-t-il que THE BALANCE propose des soins aux mineurs ?

Non. Il s’agit d’informations à visée éducative destinées aux familles et aux jeunes. Elles n’établissent ni l’accueil pédiatrique, ni les dispositifs de protection des mineurs, ni la disponibilité de traitements adaptés à un âge donné dans une clinique particulière. Vérifiez quel service local pour enfants ou adolescents convient et quelles sont les qualifications du prestataire avant d’organiser les soins.

Que doit contenir un plan de transition ?

Incluez les services responsables, les modalités de rendez-vous, les informations sur le traitement, les besoins de communication, les aménagements utiles et les moyens de contact en cas de retard dans le relais. Les objectifs et les préférences du jeune doivent y figurer clairement. Demandez à l’équipe actuelle et à l’équipe d’accueil de confirmer comment l’accompagnement se poursuivra pendant le transfert de responsabilité.

Références éditoriales

Données probantes et sources

Recommandations cliniques, recherches évaluées par les pairs et sources de santé publique sélectionnées et utilisées dans cet article.

01NIMH : Enfants et santé mentale, est-ce seulement une phase ?Voir la source
02NICE NG134 : Dépression chez l’enfant et l’adolescentVoir la source
03NICE NG87 : Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, diagnostic et prise en chargeVoir la source
Voir les 8 sourcesAfficher moins de sources
04NICE CG170 : Trouble du spectre de l’autisme chez les moins de 19 ans, soutien et prise en chargeVoir la source
05NICE NG223 : Bien-être social, émotionnel et mental dans l’enseignement primaire et secondaireVoir la source
06NICE NG69 : Troubles des conduites alimentaires, repérage et traitementVoir la source
07NICE NG225 : Comportements auto-agressifs, évaluation, prise en charge et prévention de la récidiveVoir la source
08NICE NG43 : Transition des services pour enfants vers les services pour adultesVoir la source
Ce qui est inclus
01

Contexte clinique

Les informations sont présentées clairement en tenant compte des situations complexes et concomitantes.

02

Facteurs individuels

L’évaluation reste essentielle, car les besoins et les risques varient d’une personne à l’autre.

03

Prochaines étapes

Un échange confidentiel peut aider à déterminer la voie la plus appropriée.

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