Une grave rupture de confiance peut laisser une personne en détresse, dans le doute quant à une relation et sans savoir vers qui se tourner. Le rétablissement concerne sa sécurité, sa santé, ses choix et le soutien dont elle dispose. Il n’existe pas de durée minimale universelle pour se rétablir, et cela n’exige pas de poursuivre la relation.
Que signifie le traumatisme de trahison ?
Dans la présentation de la théorie du traumatisme de trahison par Jennifer Freyd, ce terme désigne les atteintes à la confiance ou au bien-être commises par des personnes ou des institutions dont une personne dépend. Cette théorie examine la manière dont cette dépendance peut influencer les réactions à la trahison. Elle doit être présentée comme un cadre théorique, et non comme la description d’une réaction cérébrale identique chez chaque personne.
L’expression est également employée dans les échanges courants au sujet de la trahison au sein d’une relation. Cet usage ne permet pas d’établir un trouble de stress post-traumatique (TSPT) ni un autre diagnostic. L’évaluation du TSPT tient compte de la nature de l’expérience, des symptômes qui s’ensuivent et de leurs répercussions au fil du temps.
Commencer par la sécurité et la liberté de choix
En cas de coercition, de menaces ou de violences, demandez conseil de manière confidentielle à un service d’aide adapté ou à un professionnel de santé. Les recommandations du NHS sur les violences domestiques expliquent qu’une aide est accessible avant qu’une situation ne devienne urgente. Toute démarche visant à prendre contact, à révéler la situation ou à quitter une relation doit tenir compte de la sécurité.
Vous ne devez à personne un pardon immédiat, l’accès à vos informations privées ou un engagement à vous réconcilier. Choisissez avec soin les personnes à qui faire appel et recherchez un soutien qui respecte vos décisions. Un accompagnement centré sur la relation ne doit pas se substituer à l’attention portée à la sécurité de chacun.
Comprendre la détresse
Une personne peut constater des changements dans son sommeil ou son appétit, des inquiétudes envahissantes, de la colère, du chagrin, de la honte ou des difficultés de concentration. Ces manifestations doivent être comprises dans leur contexte. Elles ne prouvent ni des lésions cérébrales permanentes, ni un diagnostic particulier, ni une succession inévitable d’étapes du rétablissement.
Il peut être utile de décrire concrètement ce qui se passe : à quels moments la détresse est la plus forte, ce qui perturbe le sommeil, quelles situations suscitent un sentiment d’insécurité et quel soutien est disponible. Des symptômes persistants ou qui s’aggravent, des difficultés à fonctionner au quotidien ou des pensées de se faire du mal justifient de consulter un professionnel.
Des mesures concrètes pour avancer vers le rétablissement
- Répondre aux besoins immédiats : prenez en compte, selon votre situation, la sécurité de votre hébergement, l’accès à de l’argent, vos besoins médicaux et la disponibilité d’un soutien fiable.
- Réduire la pression liée aux décisions importantes : lorsque votre sécurité le permet, accordez-vous le temps d’examiner les possibilités avec une personne de confiance.
- Poser des limites : précisez les contacts, les échanges d’informations ou les discussions que vous acceptez.
- Conserver des habitudes à votre portée : de petits gestes autour des repas, du repos et des activités ordinaires peuvent apporter un cadre.
- Choisir une aide adaptée : renseignez-vous sur les qualifications, l’expérience et l’approche du praticien, ainsi que sur les modalités prévues pour évaluer les progrès.
Il s’agit de possibilités à adapter, et non d’étapes à accomplir dans un ordre imposé. Un plan de soutien doit tenir compte de votre situation et de vos préférences.
Reconstruire la confiance est une décision distincte
Si les personnes choisissent de poursuivre leur relation, il est utile de se demander si les comportements préjudiciables ont cessé, si les limites sont respectées et si les actes restent cohérents dans la durée. Les promesses seules ne répondent pas à ces questions.
Le rétablissement personnel peut aussi passer par la décision de ne pas poursuivre une relation. L’amélioration ne doit pas se mesurer uniquement à la réconciliation, au pardon ou à la satisfaction d’un partenaire.
Combien de temps faut-il pour se rétablir ?
Aucune règle établie ne veut qu’il faille au moins un an pour retrouver la confiance. Le rythme dépend des circonstances, du maintien de la sécurité, des besoins de santé, du soutien disponible et des objectifs de la personne. Une fête ou une date anniversaire peut faire ressurgir des émotions difficiles sans que cela signifie que tous les progrès sont perdus.
Faites le point sur les changements concrets au fil du temps, notamment le sommeil, le fonctionnement au quotidien, la confiance dans vos décisions et la capacité à faire appel au soutien disponible. Si un plan ne vous aide pas, discutez des ajustements nécessaires. Sollicitez une aide urgente sur place si vous ne pouvez pas assurer votre sécurité.


