Une famille peut conserver sa sécurité financière alors même que les jeux d’argent provoquent de graves difficultés. Une mise élevée ne suffit pas non plus, à elle seule, à établir un diagnostic. La question pertinente est de savoir si le jeu affecte la maîtrise du comportement, la santé, les relations ou la vie quotidienne. La dernière enquête menée en Grande-Bretagne offre une comparaison révélatrice : les scores indiquant un risque élevé étaient moins fréquents dans les zones les moins défavorisées d’Angleterre, mais ils n’y étaient pas absents.
Principaux résultats
20 775 : nombre d’adultes ayant participé à l’enquête 2025 sur les jeux d’argent en Grande-Bretagne, publiée le 16 juillet 2026.
2,4 % : proportion de participants ayant obtenu un score de huit ou plus à l’Indice de gravité du jeu problématique, avec un intervalle de confiance à 95 % allant de 1,9 % à 2,8 %.
4,5 % contre 1,2 % : estimations correspondantes dans les zones les plus défavorisées et les moins défavorisées d’Angleterre.
48 % en 2023 et 47 % en 2025 : participation aux jeux d’argent au cours des quatre semaines précédentes, selon le rapport sur les tendances de l’autorité de régulation.
Le niveau de défavorisation d’une zone ne correspond pas au patrimoine individuel. Le PGSI est un outil d’enquête mesurant les symptômes et les conséquences négatives, et non un diagnostic clinique pour chaque répondant. [1] [2] [4]
Un risque mesuré plus faible n’est pas une absence de risque
Source : Gambling Commission, chapitre consacré aux conséquences, enquête 2025. La comparaison décrit des zones géographiques, et non un effet protecteur mesuré du patrimoine personnel. [2]
Il ne faut pas inverser ce résultat pour affirmer que les personnes fortunées seraient, en réalité, davantage touchées. Il indique une estimation plus faible dans le groupe des zones les moins défavorisées. Pour les familles aisées, son intérêt est de rappeler qu’une estimation plus faible à l’échelle d’une population ne permet ni de poser un diagnostic individuel ni d’écarter un problème chez une personne.
Un bilan patrimonial ne peut pas mesurer la perte de contrôle
La perte financière est une conséquence parmi d’autres. Un patrimoine important peut limiter les difficultés financières immédiates sans répondre aux questions concernant la maîtrise du comportement ou le bien-être. À l’inverse, une perte modeste peut être grave pour une personne disposant de moins de ressources. Le montant ne suffit pas, à lui seul, à établir la portée clinique de la situation.
L’OMS décrit des dommages liés aux jeux d’argent qui s’étendent à la santé et aux conséquences sociales, pour les personnes concernées comme pour leurs proches. Elle distingue le trouble lié aux jeux d’argent de l’ensemble plus large des dommages. Une famille devrait donc rechercher une évaluation adaptée plutôt que de s’appuyer sur le portefeuille d’actifs restant pour juger si ses inquiétudes sont justifiées. [3]
Cela ne fait pas de chaque loisir coûteux ou de chaque pari une maladie. L’évaluation doit prendre en compte les habitudes, les répercussions et le vécu de la personne. Un article de recherche ne devrait ni poser un diagnostic à partir des mouvements sur les comptes ni écarter des difficultés au motif que les pertes restaient financièrement supportables.
L’enquête décrit plusieurs seuils
| Score | Proportion de l’ensemble des participants | Intervalle de confiance à 95 % |
|---|---|---|
| 1 à 2 | 7,8 % | 7,0 % à 8,7 % |
| 3 à 7 | 3,5 % | 3,0 % à 4,0 % |
| 8 ou plus | 2,4 % | 1,9 % à 2,8 % |
Le dénominateur est l’ensemble des participants, et non uniquement les personnes ayant joué. Les catégories ne correspondent pas à des diagnostics confirmés. Source : Gambling Commission. [2]
Un pourcentage calculé parmi les personnes ayant joué récemment répond à une autre question qu’un pourcentage calculé parmi l’ensemble des adultes. Dans un article, un graphique ou une citation, le chiffre devrait être accompagné de son dénominateur. Passer de l’un à l’autre peut rendre une affirmation plus spectaculaire sans mettre en évidence le moindre changement réel.
Un seuil ne devrait pas non plus devenir un motif pour ignorer les difficultés rapportées par une personne. L’évaluation clinique prend en compte l’ensemble de la situation, plutôt que de faire de la catégorie privilégiée par un journaliste le critère déterminant l’utilité d’une aide.
La tendance ne se résume pas à une courbe épidémique
Le rapport 2023-2025 de l’autorité de régulation a constaté une stabilité globale de certains indicateurs d’ensemble, parallèlement à des évolutions au sein de sous-groupes. La participation au cours des quatre semaines précédentes est passée de 48 % à 47 %. Cela ne permet pas d’affirmer que chaque forme de jeu ou chaque groupe connaît une aggravation rapide. [4]
Il ne faut pas raccorder les résultats issus de la nouvelle méthodologie à ceux d’anciennes enquêtes sur les jeux d’argent ou la santé pour fabriquer une hausse à long terme. La Gambling Commission avertit que ces méthodes ne sont pas directement comparables. Un changement de mesure n’est pas, en soi, un changement de comportement. [1]
Pour les médias, la question la plus pertinente est de savoir où se situent les différences entre des tendances précises. Un reportage peut examiner un type de dommage ou un groupe de population sans annoncer une explosion nationale non étayée. Il peut aussi rendre compte d’une stabilité sans laisser entendre que les dommages existants sont négligeables.
L’amélioration en fin de traitement ne résume pas l’ensemble des données
Une revue de 2023 a recensé 29 études réunissant 3 991 participants. Les techniques cognitivo-comportementales étaient associées, en fin de traitement, à une amélioration de la sévérité des problèmes de jeu, de la fréquence et de l’intensité du jeu, par rapport à une intervention minimale ou à l’absence de traitement. La revue a également relevé une forte hétérogénéité et un biais de publication, ainsi qu’une absence d’effet global statistiquement significatif lors du suivi. [5]
| Critère de résultat | Effet | Intervalle de confiance à 95 % |
|---|---|---|
| Sévérité des problèmes de jeu | -1,14 | -1,68 à -0,60 |
| Fréquence du jeu | -0,54 | -0,80 à -0,27 |
| Intensité du jeu | -0,32 | -0,51 à -0,13 |
Pour ces indicateurs, les valeurs d’effet négatives sont en faveur de l’intervention. Il ne s’agit pas de pourcentages de patients rétablis. La diversité des mesures et les limites des études influent sur l’interprétation. Source : Pfund et ses collègues. [5]
L’incertitude lors du suivi ne prouve pas qu’aucune personne n’en tire bénéfice. Elle signifie que la persistance des effets doit être évaluée avec soin. Un programme devrait expliquer quelle intervention il propose, ce qu’il mesure et comment il vérifie si les améliorations se maintiennent en dehors d’un cadre protégé.
La recommandation de janvier 2025 du NICE inscrit l’évaluation et le traitement dans une réponse plus large aux dommages liés aux jeux d’argent, qui inclut les proches concernés. La nécessité d’aborder la question du jeu ne se limite pas aux situations dans lesquelles un effondrement financier s’est déjà produit. [6]
Pour le family office, la question est celle de l’accès à l’aide
Un conseiller peut remarquer des opérations financières inhabituelles, mais la surveillance des comptes n’est pas une évaluation clinique. Le pouvoir de gérer des actifs ne confère pas automatiquement de pouvoir sur le traitement d’un autre adulte. Un family office ne devrait ni poser un diagnostic à partir des transactions ni remplacer des soins qualifiés par un contrôle financier.
La question pertinente est de savoir s’il existe une voie d’accès à une aide professionnelle fondée sur le consentement lorsque des inquiétudes apparaissent. Le conseil financier, les soins cliniques et les interventions urgentes de mise en sécurité ont des rôles différents. Une famille peut clarifier ces rôles sans considérer la vie privée d’une personne comme un obstacle à supprimer.
Une enquête future pourrait examiner comment les ménages aisés organisent ce soutien. Cet article ne l’a pas fait. Il n’estime pas le nombre de family offices dépourvus de dispositions en la matière et n’affirme pas qu’une surveillance accrue améliore nécessairement la santé.
Le rétablissement financier et le rétablissement clinique peuvent différer
Une baisse des dépenses de jeu peut être pertinente, mais elle pourrait refléter un accès restreint aux fonds plutôt qu’une amélioration de la difficulté sous-jacente. Des progrès cliniques peuvent aussi survenir avant la résolution des conséquences financières. Ces deux temporalités ne devraient pas être confondues dans une seule affirmation de réussite.
Un rapport sur les résultats devrait distinguer les comportements, les dommages, le fonctionnement quotidien et les objectifs définis par le patient. Il devrait décrire les relations et les responsabilités pertinentes sans faire de la satisfaction d’un proche le seul indicateur valable. Les soins ultérieurs et les efforts de la personne elle-même comptent également dans l’interprétation d’une amélioration constatée plus tard.
Le suivi devrait indiquer le nombre de personnes éligibles et le nombre de personnes effectivement jointes. Les résultats des personnes restées en contact ne devraient pas être appliqués automatiquement à l’ensemble des admissions. Les résultats manquants sont inconnus, et cette incertitude doit figurer à côté du pourcentage mis en avant par un prestataire.
Les comparaisons internationales exigent des données compatibles
L’enquête menée en Grande-Bretagne ne permet pas d’établir des taux équivalents aux États-Unis, en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas ou dans les pays du Conseil de coopération du Golfe. Les différences de règles, de méthodes et de pratiques de jeu influent sur les observations. Une moindre quantité de données publiées ne devrait pas se traduire par une appréciation nationale favorable.
Pour les patients à mobilité internationale, l’enjeu pratique est la continuité des soins. Qui coordonne le suivi lorsque le lieu de travail ou de résidence change ? Il ne faut pas supposer qu’un dispositif de soutien ou de restriction puisse être transposé automatiquement d’une juridiction à une autre. Les professionnels qui prennent le relais ont besoin d’une présentation claire du projet de soins.
Les questions à poser en famille avant de choisir une prise en charge
Demandez comment l’évaluation distingue une pratique récréative, des habitudes préjudiciables et un trouble. Quelles difficultés le traitement proposé prend-il en charge ? Quels besoins concomitants sont pris en compte ? Comment les progrès seront-ils évalués, et que se passera-t-il si la première approche n’apporte pas une aide suffisante ?
Distinguez les résultats propres au prestataire des travaux de recherche plus généraux. Une étude générale sur une thérapie n’établit pas les résultats d’un programme résidentiel particulier. Le même examen critique devrait s’appliquer à THE BALANCE et aux autres services.
N’attendez pas l’épuisement du patrimoine pour prendre en considération une souffrance ou une perte de contrôle. Une personne en situation de crise aiguë a besoin d’un soutien professionnel en temps utile. Un danger immédiat exige une aide urgente, et non un débat sur le caractère financièrement supportable des pertes.
Ce que les chiffres ne peuvent pas nous dire
L’enquête n’estime pas la fréquence du trouble lié aux jeux d’argent chez les personnes fortunées et ne prouve pas d’effet causal du patrimoine. La revue des traitements n’est pas un audit des cliniques privées. Les effets en fin de traitement et le rétablissement à long terme restent deux questions différentes, et la tendance nationale ne peut pas être prolongée à partir d’enquêtes anciennes incompatibles.
L’essentiel
Pouvoir supporter les pertes ne permet pas d’écarter un problème clinique. La dernière comparaison entre zones ne montre pas que les personnes fortunées sont davantage touchées, mais elle remet en cause l’idée d’une immunité. La question pertinente est de savoir si le jeu cause des dommages et si les soins produisent une amélioration significative et durable.
À l’attention des journalistes
Comparaison clé : les estimations pour un score PGSI de 8 ou plus sont de 4,5 % dans les zones les plus défavorisées d’Angleterre et de 1,2 % dans les moins défavorisées.
Réserve importante : le niveau de défavorisation d’une zone ne correspond pas au patrimoine personnel, et les scores d’enquête ne sont pas des diagnostics individuels.
Attribution suggérée : THE BALANCE, analyse des données d’enquête de la Gambling Commission et des données publiées sur les traitements.
Méthodologie et sources
L’analyse conserve les dénominateurs des enquêtes et les intervalles de confiance publiés. Elle ne calcule pas d’effet du patrimoine, ne combine pas de séries d’enquêtes incompatibles et ne réalise pas d’audit de family offices ou de prestataires. Les tailles d’effet standardisées des traitements sont présentées séparément des pourcentages observés dans la population.
- Gambling Commission. Rapport annuel 2025, 16 juillet 2026.
- Gambling Commission. Conséquences des jeux d’argent, enquête 2025.
- OMS. Jeux d’argent, décembre 2024.
- Gambling Commission. Rapport sur les tendances de 2023 à 2025, juillet 2026.
- Pfund et ses collègues. Techniques cognitivo-comportementales pour le trouble lié aux jeux d’argent. Addiction, 2023.
- NICE NG248. Dommages liés aux jeux d’argent, janvier 2025.


